Embaucher votre premier salarié en Algérie, c'est trois textes qui se répondent : la loi n° 90-11 pour le contrat, la loi n° 83-14 pour les déclarations sociales, le code des impôts directs pour la retenue sur salaire. Ce guide donne pour chaque règle l'article qui la porte, et dit ce qu'il ne dit pas.
Chaque ligne renvoie au texte qui la crée. Aucun délai ci-dessous n'est une estimation : ce sont les délais que la loi impose à l'employeur.
Un point que cette page passait sous silence : si votre premier salarié est étranger, rien de ce qui précède ne commence avant qu'il détienne son titre de travail. L'article 21 de la loi n° 90-11 autorise le recrutement de travailleurs étrangers « dans les conditions fixées par la législation et la réglementation en vigueur lorsqu'il n'existe pas une main-d'oeuvre nationale qualifiée », et ces conditions sont ailleurs : https://www.upgrowth.dz/permis-de-travail-etranger-algerie
Autre point : l'affiliation ne dépend ni de la nationalité, ni du montant payé, ni même de la validité du contrat. L'article 8 de la loi n° 83-14 affilie obligatoirement « les personnes de quelque nationalité que ce soit, qui exercent en Algérie une activité salariée ou assimilée, ou qui sont en formation, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs, quels que soient le montant ou la nature de leur rémunération, la forme, la nature ou la validité de leur contrat ou de leur relation de travail ». Un contrat verbal, un temps partiel, un essai : tous sont à déclarer.
Cette section a été réécrite : la version précédente annonçait un plafond de deux ans renouvelable une fois pour le contrat à durée déterminée. Ce plafond ne figure dans aucun des textes lus.
Ce que la loi ne dit pas : ni durée maximale du contrat à durée déterminée, ni nombre de renouvellements. Ce qu'elle dit, c'est une liste fermée de cas de recours, un contrôle par l'inspection du travail et une requalification automatique en cas d'infraction. Une page qui vous donne « deux ans renouvelables une fois » vous donne un chiffre qui n'est écrit nulle part dans la loi n° 90-11 telle que nous l'avons lue, ni dans ses trois textes modificatifs de 1991, 1996 et 1997.
Attention au piège de cette matière : l'article 22 de la loi n° 90-11, celui que citent encore beaucoup de modèles, fixait la durée légale à 44 heures. Il est abrogé depuis 1997.
Le salaire national minimum garanti est lui-même défini sur cette durée : le décret présidentiel n° 26-01 le fixe « correspondant à une durée légale hebdomadaire de travail de quarante (40) heures, équivalent à 173,33 heures par mois ». Les deux chiffres se tiennent, et c'est ce qui permet de dériver le taux horaire.
La version précédente de cette page donnait trois chiffres de cotisation, dont deux se contredisaient d'une section à l'autre. Voici la grille du décret, et rien d'autre.
Ce que coûte un salarié au SNMG, sur une assiette égale au SNMG seul : 24 000 DA de salaire, plus 25 % de part patronale, soit 6 000 DA, donc 30 000 DA pour l'employeur. Côté salarié, 9 % sont prélevés à la source, soit 2 160 DA. Ce calcul n'est pas une facture : l'assiette des cotisations est fixée par l'ordonnance n° 95-01 du 21 janvier 1995 et les éléments de rémunération retenus ne se limitent pas au salaire de base. La grille complète, branche par branche, est sur https://www.upgrowth.dz/cnas
Le barème de l'impôt et ses abattements viennent de l'article 104 du code des impôts directs dans sa rédaction issue de la loi de finances pour 2022. Nous avons vérifié que les lois de finances pour 2023, 2025 et 2026 ne modifient ni le barème ni le paragraphe des traitements et salaires : elles portent « sans changement » sur ces deux points.
Correction d'unité : la version précédente écrivait « 2,5 jours ouvrables par mois = 30 jours par an (~5 semaines) ». L'article 41 dit « deux jours et demi par mois » et plafonne en jours CALENDAIRES. Les deux unités ne donnent pas la même durée de repos, et l'équivalence en semaines disparaît avec l'unité qui la portait.
C'est la correction la plus utile de cette page. Elle listait le règlement intérieur parmi les obligations d'un premier employeur. Il ne l'est pas encore, et c'est précisément ce qui fait le piège.
Le piège, en une phrase : l'article 73, dans sa rédaction issue de la loi n° 91-29, réserve le licenciement disciplinaire aux fautes graves, et l'article 73-2 exige que ce licenciement soit prononcé « dans le respect des procédures fixées par le règlement intérieur », lesquelles prévoient obligatoirement la notification écrite de la décision et l'audition du travailleur, qui peut se faire assister d'un travailleur de son choix. Un employeur de dix salariés sans règlement intérieur n'a donc pas de procédure disciplinaire opposable. L'article 76 lui permet d'en écrire un : c'est facultatif, et c'est utile.
Un salarié peut aussi demander un congé non rémunéré ou un passage à temps partiel POUR CRÉER SON ENTREPRISE, une fois durant sa carrière, pour 12 mois au maximum, prorogeables exceptionnellement de 6 mois sur justification (loi n° 22-16 du 20 juillet 2022, articles 56 bis et 56 bis 1). Côté employeur : vous pouvez, pour nécessité de service et après avis du comité de participation, reporter la date de départ de 6 mois au maximum si l'absence risque d'avoir des effets majeurs préjudiciables à l'entreprise (article 56 bis 2). Le congé suspend la relation de travail (article 64, complété par la même loi) et suspend la rémunération, mais le travailleur continue de bénéficier de la couverture de sécurité sociale.
Un chiffre a disparu de cette page, volontairement. Elle annonçait « 15 jours de préavis minimum ». L'article 73-5 ne fixe aucun nombre de jours : il renvoie la durée minimale à la négociation collective. Nous ne remplaçons pas ce chiffre par un autre. Vérifiez la convention collective de votre branche, et à défaut faites-la vérifier.
Portée de la vérification, dite franchement. Les numéros du Journal officiel antérieurs à 2002 sont des scans : ils n'ont aucune couche de texte et ne peuvent pas être balayés automatiquement. Les textes ci-dessus ont donc été lus sur le rendu image de leurs pages, une à une. Nous pouvons affirmer que sur la période 2002 à 2026, un seul texte modifie la loi n° 90-11, la loi n° 22-16. Nous ne pouvons pas affirmer qu'aucun autre ne l'a modifiée entre 1998 et 2001.
Ce que cette page ne dit pas, et pourquoi. Elle ne nomme aucun formulaire administratif par sa référence : le formulaire cité par l'ancienne version n'apparaît dans aucun texte de notre corpus. Elle ne donne ni périodicité ni contenu de visite médicale : le cadre est la loi n° 88-07, dont nous n'avons pas lu l'article applicable. Elle ne classe plus le dispositif d'aide à l'insertion professionnelle parmi les types de contrat : c'est un dispositif public, pas une catégorie de la loi n° 90-11, et nous n'avons pas vérifié son état en 2026. Elle ne recopie pas le barème des pénalités de sécurité sociale, qui appartient à https://www.upgrowth.dz/penalites-cnas-employeur-algerie
Elle ne promet enfin aucun délai d'administration ni aucune décision. Les seuls engagements de délai que vous lirez ici sont ceux qu'un texte impose à l'employeur, et ceux qu'UpGrowth prend sur sa propre prestation.
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