Le permis de travail algérien n'est pas délivré par l'ANEM. Il est délivré par les services de l'autorité chargée du travail, sur un dossier déposé par l'employeur, et il obéit à trois régimes selon la durée de la mission. Cette page traite du titre exigé pour exercer une activité salariée en Algérie, et non de la procédure française d'autorisation de travail. Elle donne la chaîne complète avec l'autorité compétente à chaque étape, les pièces exigées, les délais texte par texte et les sanctions, chaque point renvoyé à sa source. Elle est écrite pour la direction des ressources humaines de l'entité algérienne d'un groupe étranger qui doit faire venir des salariés expatriés.
Source officielle
Guide de procédures, emploi des travailleurs étrangers
Ministère du travail, de l'emploi et de la sécurité sociale · S'ouvre dans un nouvel onglet
Les textes cités sur cette page sont la loi n° 81-10, le décret n° 82-510, la loi n° 04-19 et la loi n° 08-11. Les liens vers les scans du Journal officiel figurent en bas de page, section Sources.
La plupart des pages francophones positionnées sur ce sujet parlent d'un « permis de travail ANEM ». Les textes disent autre chose, et c'est la première vérification que fera le conseil algérien de votre acheteur.
En pratique : la direction de l'emploi de wilaya, qui relève du ministère chargé du travail et de l'emploi, instruit et délivre. L'agence de wilaya de l'emploi reçoit le dépôt de l'offre d'emploi destinée à la main d'œuvre nationale. Ce sont deux guichets, deux textes et deux obligations distinctes.
La distinction n'est pas académique. Le manquement à l'obligation de notification des offres est sanctionné pour lui-même : « tout contrevenant aux dispositions de l'article 18 de la présente loi, relatives à la notification des offres, est puni d'une amende de 10.000 DA à 30.000 DA par poste d'emploi vacant non notifié » (loi 04-19, art. 24). Un employeur peut donc être parfaitement en règle sur ses permis et en infraction sur ses offres.
C'est la durée de l'activité salariée en Algérie, et non la nationalité, le métier ou le montant du marché, qui détermine le titre à obtenir.
| Durée de l'activité salariée | Titre exigé | Durée et renouvellement | Base |
|---|---|---|---|
| Plus de 3 mois | Permis de travail | « La durée du permis de travail ne peut être supérieure à deux (2) ans. Le permis de travail est renouvelable dans les mêmes conditions et formes » | Loi 81-10, art. 10 |
| Inférieure ou égale à 3 mois | Autorisation de travail temporaire (ATT) | Délivrée « sur demande motivée de l'organisme employeur après consultation des représentants des travailleurs ». « Elle ne peut être renouvelée plus d'une fois dans l'année » | Loi 81-10, art. 8 |
| Travaux exceptionnels n'excédant pas 15 jours | Aucune ATT exigée | Exemption acquise « sans que le total cumulé des durées de présence n'excède trois (3) mois dans l'année ». Déclaration au directeur de wilaya chargé du travail | Loi 81-10, art. 9 et décret 82-510, art. 20 |
C'est la règle qui surprend le plus les groupes structurés en plusieurs entités algériennes.
« Le permis de travail ou l'autorisation de travail temporaire permet au bénéficiaire l'exercice d'une activité salariée déterminée, valable pour une période donnée, auprès d'un seul et même organisme employeur » (loi 81-10, art. 4). Un salarié titulaire d'un permis chez votre filiale algérienne A n'est pas mobilisable chez votre filiale B, ni chez votre partenaire de groupement, sans reprendre la procédure.
La validité du titre suit le contrat : « le permis de travail est délivré pour une période de validité qui doit correspondre à la durée du contrat de travail à durée déterminée, détenu par le travailleur étranger (et le cas échéant de la durée du contrat de marché). En tout état de cause, la validité du permis de travail ne peut excéder deux (02) années » (guide de procédures du ministère chargé du travail).
Deux conséquences pour un planning de mobilisation. D'abord, un contrat de marché plus court que la mission raccourcit mécaniquement le titre. Ensuite, chaque salarié porte sa propre date d'expiration, ce qui interdit de gérer un effectif étranger sur une échéance unique.
Un dossier complet sur la forme peut être refusé sur le fond. Les conditions ci-dessous sont cumulatives et s'apprécient poste par poste.
Le plancher de l'article 3 est la contrainte qui redécoupe le plus souvent un plan de mobilisation. Un poste dont la qualification se situe en dessous du niveau de technicien n'est pas mobilisable sous ce régime, quelle que soit la difficulté de recrutement local. C'est le premier tri à opérer sur une liste nominative, avant de constituer le moindre dossier.
Parcours d'un salarié recruté depuis l'étranger pour une mission de plus de trois mois. La branche courte est traitée à la section suivante.
Premier piège de séquencement : le titre de travail conditionne la carte de résident, et non l'inverse. « Tout étranger désirant résider en Algérie, en vue d'exercer une activité salariée, ne peut bénéficier d'une carte de résident que s'il est titulaire de l'un des documents suivants : 1- un permis de travail ; 2- une autorisation de travail temporaire ; 3- une déclaration d'emploi de travailleur étranger pour les étrangers non soumis au permis de travail » (loi 08-11, art. 17). Et la demande se fait en amont : « quinze (15) jours avant l'expiration de la validité du visa » (loi 08-11, art. 18).
Second piège : obtenir le titre de travail ne règle pas le séjour. « La possession d'un permis de travail ou d'une autorisation de travail temporaire ne dispense pas leur titulaire de satisfaire aux formalités prévues par la législation et la réglementation en vigueur et relatives au séjour des étrangers en Algérie » (décret 82-510, art. 4). Deux administrations, deux dossiers, deux calendriers.
Un régime distinct existe pour les missions courtes. Il fait sauter deux étapes, mais pas toutes.
Le plafond de l'article 9 se calcule en cumul annuel. Des rotations répétées de courte durée sur un même chantier finissent par franchir les trois mois et font basculer le salarié hors du régime d'exemption, sans qu'aucune notification ne vienne le signaler. C'est le compteur le plus souvent oublié sur les missions d'assistance technique.
Deux listes se succèdent et elles ne sont pas identiques. Le dossier du permis de travail (décret 82-510, art. 8) comprend :
Le dossier complémentaire déposé après l'entrée en Algérie comprend, selon le guide de procédures du ministère, « la copie du passeport justifiant d'une entrée légale en Algérie (visa de travail) », « deux (2) certificats médicaux de médecine générale et de phtisiologie délivrés par les structures sanitaires nationales habilitées » et un « contrat de travail à durée déterminée dûment approuvée par les parties contractantes ».
Point d'attention rarement anticipé : les certificats médicaux exigés à ce stade sont délivrés par des structures sanitaires nationales habilitées. Un bilan réalisé dans le pays d'origine, même complet, ne s'y substitue pas. Sur une arrivée groupée, la capacité de ces structures devient une contrainte de calendrier réelle.
En cas de changement d'employeur, le dossier de renouvellement comporte en plus « une attestation de l'ancien organisme employeur certifiant la bonne conduite et les qualités professionnelles de l'intéressé, et indiquant les motifs de la cessation de la relation de travail » et « un certificat de travail attestant que le travailleur étranger a accompli ses obligations contractuelles, et qu'il quitte son organisme employeur, libre de tout engagement » (décret 82-510, art. 12). Obtenir cette attestation de sortie auprès de l'entité quittée est un point de blocage classique lorsque le salarié passe d'une entité du groupe à une autre.
Ils ne forment pas un ensemble unique. Chacun a son instrument, son point de départ et son destinataire. Les présenter en bloc, comme le font la plupart des pages sur le sujet, est la première cause de titre expiré.
| Délai | À qui il s'impose | Objet | Base |
|---|---|---|---|
| 45 jours suivant le dépôt | Services de l'emploi | Notifier la suite réservée à la demande. « Passé ce délai, l'avis favorable des services de l'emploi est réputé acquis » | Décret 82-510, art. 9 |
| 15 jours suivant l'avis favorable | Services de l'emploi | Délivrer le permis de travail | Décret 82-510, art. 10 |
| 45 jours au moins avant l'expiration | Employeur | Déposer la demande de renouvellement du permis de travail. Le récépissé de dépôt « permet au travailleur étranger de poursuivre ses activités jusqu'à la date limite de validité du permis de travail déposé » | Décret 82-510, art. 13 |
| 15 jours au moins avant l'expiration | Services de l'emploi | Notifier à l'employeur la suite réservée à la demande de renouvellement | Décret 82-510, art. 14 |
| 8 jours au moins avant l'expiration | Employeur | Déposer la demande de renouvellement de l'autorisation de travail temporaire | Décret 82-510, art. 17 |
| 15 jours après l'entrée en Algérie, porté à 45 jours pour les ressortissants de pays exemptés du visa d'entrée | Employeur | Introduire le dossier du permis de travail ou de l'autorisation de travail temporaire | Guide de procédures du ministère chargé du travail |
| 1 mois au plus après la notification de l'accord de principe | Employeur | Déposer l'offre d'emploi destinée à la main d'œuvre nationale auprès de l'agence de wilaya de l'emploi | Guide de procédures du ministère chargé du travail |
| 15 jours avant l'expiration de la validité du visa | Travailleur | Demander la carte de résident à la wilaya du lieu de résidence | Loi 08-11, art. 18 |
| 48 heures | Employeur | Aviser les services de l'emploi territorialement compétents de toute résiliation de contrat d'un travailleur étranger | Loi 81-10, art. 21 |
| 15 jours au plus après la rupture | Employeur | Adresser aux services de l'emploi le titre restitué par le salarié | Loi 81-10, art. 21 |
| Premier trimestre de chaque année, au titre de l'exercice précédent | Employeur | Établir et adresser aux services de l'emploi l'état nominatif du personnel étranger, que ces travailleurs soient ou non soumis au permis | Loi 81-10, art. 22 |
Les montants sont modestes rapportés au coût d'une mobilisation. Leur logique de calcul l'est beaucoup moins.
Deux formules commandent tout : « par infraction constatée » à l'article 19 de la loi 81-10, et « par poste d'emploi vacant non notifié » à l'article 24 de la loi 04-19. L'exposition suit donc la taille de l'équipe, elle n'est pas forfaitaire.
Ce qui coûte réellement n'est pas l'amende. C'est le temps : un dossier à reprendre pour un salarié déjà présent sur site relance l'instruction, avec les délais de la section précédente qui recommencent à courir depuis le nouveau dépôt.
L'affirmation revient dans les notes d'entrée de marché et sur plusieurs pages francophones : la loi 81-10 plafonnerait la main d'œuvre étrangère à 20 % de l'effectif. Voici ce que nous avons vérifié, et la formulation exacte de ce que nous affirmons.
Nous avons lu l'intégralité de la loi n° 81-10 et l'intégralité du décret n° 82-510. Ni l'un ni l'autre ne contient de pourcentage, de proportion, de ratio ou de quota de travailleurs étrangers rapporté à l'effectif de l'entreprise.
Les seules limites que posent ces deux textes sont d'une autre nature et s'apprécient poste par poste : le niveau de qualification au moins équivalent à celui de technicien (loi 81-10, art. 3), et la vérification que le poste ne peut pas être pourvu par un travailleur national (loi 81-10, art. 5, et décret 82-510, art. 7). Une entreprise peut ainsi se voir refuser dix postes sur quinze sans qu'aucun pourcentage n'ait été appliqué.
Formulation exacte de notre affirmation : il n'existe pas de quota de main d'œuvre étrangère dans la loi 81-10 ni dans le décret 82-510. Nous n'affirmons pas qu'aucun texte sectoriel, par exemple en matière d'hydrocarbures ou de contenu local dans la commande publique, ne pose de contrainte de proportion pour une activité donnée. Cette vérification se fait secteur par secteur, sur le texte applicable à votre marché, et nous la menons au cas par cas.
Le guide de procédures du ministère liste les catégories d'étrangers exclus de l'obligation de titre de travail.
C'est la base correcte de la réponse souvent donnée pour un gérant étranger, mais la formulation compte. La bonne rédaction n'est pas « le gérant n'a pas besoin de permis de travail », elle est « le gérant relève d'une catégorie exclue de l'obligation de titre de travail ». La nuance change tout dès qu'un expatrié cumule un mandat social et une activité salariée dans la même entité, ou qu'il est détaché par la maison mère avec un contrat de travail.
Les exemptés ne disparaissent pas des obligations déclaratives de l'employeur. L'état nominatif annuel couvre le personnel étranger « soumis ou non au permis de travail ou à l'autorisation de travail temporaire » (loi 81-10, art. 22). Ils y figurent.
Aucun texte ne prévoit de traitement de masse. La procédure reste individuelle. Ce qui change à l'échelle, c'est le nombre de compteurs qui tournent en parallèle et le fait que chacun d'eux a sa propre date.
La conclusion pratique est qu'une mobilisation de plusieurs dizaines de personnes ne se pilote pas dossier par dossier mais sur un registre d'échéances : une ligne par salarié, avec la date d'entrée, la date de dépôt limite, la date d'expiration du titre, la fenêtre de renouvellement applicable et le statut de la carte de résident. C'est cet objet que nous construisons et tenons pour nos clients, en plus des dépôts eux-mêmes.
UpGrowth Connect intervient comme prestataire de l'entité algérienne employeuse. Nous ne délivrons aucun titre et nous n'en promettons aucun : nous qualifions, constituons, déposons et suivons les dossiers auprès des administrations compétentes.
Chaque affirmation de cette page renvoie à l'un des textes ci-dessous. Les liens pointent vers les scans du Journal officiel et vers les pages officielles, pas vers des reprises.
Une précision d'honnêteté, parce qu'elle vous évitera une mauvaise surprise. Cette page ne publie aucun montant de droit de timbre pour la délivrance d'un permis de travail ou d'une autorisation de travail temporaire. Le montant fixé par la loi de finances complémentaire pour 2015 a été modifié par une loi de finances postérieure, et nous ne publions pas un chiffre que nous n'avons pas relu ligne à ligne dans le Journal officiel. Le montant en vigueur au jour du dépôt vous est confirmé par écrit dans le cadrage de mission.
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Pour l'entité algérienne d'un groupe étranger qui recrute ou détache des salariés expatriés. Cadrage du régime applicable, calendrier de dépôt, registre des échéances.