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Permis de travail des salariés étrangers en Algérie

Le permis de travail algérien n'est pas délivré par l'ANEM. Il est délivré par les services de l'autorité chargée du travail, sur un dossier déposé par l'employeur, et il obéit à trois régimes selon la durée de la mission. Cette page traite du titre exigé pour exercer une activité salariée en Algérie, et non de la procédure française d'autorisation de travail. Elle donne la chaîne complète avec l'autorité compétente à chaque étape, les pièces exigées, les délais texte par texte et les sanctions, chaque point renvoyé à sa source. Elle est écrite pour la direction des ressources humaines de l'entité algérienne d'un groupe étranger qui doit faire venir des salariés expatriés.

Contenu vérifié le 6 août 2026Notre méthodologie
Par, Praticiens de l'emploi des travailleurs étrangers en Algérie
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Guide de procédures, emploi des travailleurs étrangers

Ministère du travail, de l'emploi et de la sécurité sociale · S'ouvre dans un nouvel onglet

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Les textes cités sur cette page sont la loi n° 81-10, le décret n° 82-510, la loi n° 04-19 et la loi n° 08-11. Les liens vers les scans du Journal officiel figurent en bas de page, section Sources.

Qui délivre réellement le permis de travail

La plupart des pages francophones positionnées sur ce sujet parlent d'un « permis de travail ANEM ». Les textes disent autre chose, et c'est la première vérification que fera le conseil algérien de votre acheteur.

  • « Tout étranger appelé à exercer une activité salariée en Algérie doit être titulaire d'un permis de travail ou d'une autorisation de travail temporaire délivrée par les services compétents de l'autorité chargée du travail » (loi 81-10, art. 2). L'autorité chargée du travail, et non l'agence pour l'emploi.
  • « Le dossier du permis de travail ne saurait être reçu par les services compétents du ministère du travail s'il n'est pas accompagné du rapport motivé de l'organisme employeur et assorti de l'avis des représentants des travailleurs » (loi 81-10, art. 6).
  • « La demande de délivrance ou de renouvellement du permis de travail et de l'autorisation de travail temporaire est déposée auprès des services de l'emploi, territorialement compétents, par l'organisme employeur qui se propose de recruter un travailleur étranger » (décret 82-510, art. 6). Le demandeur est l'employeur, jamais le salarié.
  • L'échelon wilaya est nommé dans un texte contraignant : les employeurs « sont tenus de déclarer au directeur de wilaya chargé du travail » les travailleurs étrangers appelés à titre exceptionnel pour des travaux n'excédant pas quinze jours (décret 82-510, art. 20).
  • L'ANEM tient sa mission d'un autre texte : « le service public de placement est assuré par l'agence nationale de l'emploi » (loi 04-19, art. 7). Aucune compétence de délivrance de titre de travail n'y figure.
  • Son rôle vis-à-vis d'un employeur est celui-ci, et il s'arrête là : « tout employeur est tenu de notifier à l'agence habilitée, à la commune ou à l'organisme privé agréé, tout emploi vacant dans son entreprise et qu'il souhaite pourvoir » (loi 04-19, art. 18).

En pratique : la direction de l'emploi de wilaya, qui relève du ministère chargé du travail et de l'emploi, instruit et délivre. L'agence de wilaya de l'emploi reçoit le dépôt de l'offre d'emploi destinée à la main d'œuvre nationale. Ce sont deux guichets, deux textes et deux obligations distinctes.

La distinction n'est pas académique. Le manquement à l'obligation de notification des offres est sanctionné pour lui-même : « tout contrevenant aux dispositions de l'article 18 de la présente loi, relatives à la notification des offres, est puni d'une amende de 10.000 DA à 30.000 DA par poste d'emploi vacant non notifié » (loi 04-19, art. 24). Un employeur peut donc être parfaitement en règle sur ses permis et en infraction sur ses offres.

Trois régimes selon la durée de la mission

C'est la durée de l'activité salariée en Algérie, et non la nationalité, le métier ou le montant du marché, qui détermine le titre à obtenir.

Durée de l'activité salariéeTitre exigéDurée et renouvellementBase
Plus de 3 moisPermis de travail« La durée du permis de travail ne peut être supérieure à deux (2) ans. Le permis de travail est renouvelable dans les mêmes conditions et formes »Loi 81-10, art. 10
Inférieure ou égale à 3 moisAutorisation de travail temporaire (ATT)Délivrée « sur demande motivée de l'organisme employeur après consultation des représentants des travailleurs ». « Elle ne peut être renouvelée plus d'une fois dans l'année »Loi 81-10, art. 8
Travaux exceptionnels n'excédant pas 15 joursAucune ATT exigéeExemption acquise « sans que le total cumulé des durées de présence n'excède trois (3) mois dans l'année ». Déclaration au directeur de wilaya chargé du travailLoi 81-10, art. 9 et décret 82-510, art. 20

Un titre, un employeur, un poste

C'est la règle qui surprend le plus les groupes structurés en plusieurs entités algériennes.

« Le permis de travail ou l'autorisation de travail temporaire permet au bénéficiaire l'exercice d'une activité salariée déterminée, valable pour une période donnée, auprès d'un seul et même organisme employeur » (loi 81-10, art. 4). Un salarié titulaire d'un permis chez votre filiale algérienne A n'est pas mobilisable chez votre filiale B, ni chez votre partenaire de groupement, sans reprendre la procédure.

La validité du titre suit le contrat : « le permis de travail est délivré pour une période de validité qui doit correspondre à la durée du contrat de travail à durée déterminée, détenu par le travailleur étranger (et le cas échéant de la durée du contrat de marché). En tout état de cause, la validité du permis de travail ne peut excéder deux (02) années » (guide de procédures du ministère chargé du travail).

Deux conséquences pour un planning de mobilisation. D'abord, un contrat de marché plus court que la mission raccourcit mécaniquement le titre. Ensuite, chaque salarié porte sa propre date d'expiration, ce qui interdit de gérer un effectif étranger sur une échéance unique.

Les conditions de fond, celles qui font refuser un dossier

Un dossier complet sur la forme peut être refusé sur le fond. Les conditions ci-dessous sont cumulatives et s'apprécient poste par poste.

  • Le poste « ne peut, en aucun cas, être pourvu par un travailleur national, que ce soit par voie de promotion interne ou par voie de recrutement externe, y compris la main-d'œuvre nationale émigrée » (loi 81-10, art. 5).
  • Le travailleur étranger « possède les titres, diplômes et qualification professionnelle nécessaires à l'emploi à occuper » (loi 81-10, art. 5).
  • « Le contrôle sanitaire confirme que celui-ci satisfait aux conditions déterminées par la réglementation en vigueur » (loi 81-10, art. 5).
  • La vérification est un préalable au dépôt, pas une formalité postérieure : l'employeur est tenu, avant de déposer la demande, « de s'assurer, auprès des services de l'emploi, que le poste de travail auquel il se propose d'affecter un travailleur étranger, ne peut pas être pourvu par un travailleur national » (décret 82-510, art. 7).
  • Plancher de qualification : « il est fait défense à tout organisme employeur d'occuper, même à titre temporaire, des travailleurs étrangers n'ayant pas un niveau de qualification au moins équivalent à celui de technicien », sauf ressortissants d'un État avec lequel l'Algérie a conclu un traité ou une convention. « Des dérogations exceptionnelles peuvent être accordées, en cas de force majeure, par le ministre chargé du travail, sur rapport motivé de l'organisme employeur » (loi 81-10, art. 3).
  • Le dossier est irrecevable sans « le rapport motivé de l'organisme employeur » et sans « l'avis des représentants des travailleurs » (loi 81-10, art. 6). L'avis des représentants n'est pas une pièce optionnelle.

Le plancher de l'article 3 est la contrainte qui redécoupe le plus souvent un plan de mobilisation. Un poste dont la qualification se situe en dessous du niveau de technicien n'est pas mobilisable sous ce régime, quelle que soit la difficulté de recrutement local. C'est le premier tri à opérer sur une liste nominative, avant de constituer le moindre dossier.

La chaîne complète, avec l'autorité compétente à chaque étape

Parcours d'un salarié recruté depuis l'étranger pour une mission de plus de trois mois. La branche courte est traitée à la section suivante.

  • 1. Accord de principe. « L'occupation salariée des travailleurs étrangers est soumise à un accord préalable des services centraux du Ministère chargé de l'emploi. » Le dossier « doit être introduit auprès des services de la Direction de l'emploi de Wilaya territorialement compétents » (guide de procédures du ministère). Décision : administration centrale de l'emploi. Guichet de dépôt : wilaya.
  • 2. Notification de l'accord. « En cas d'approbation par l'Administration centrale de l'emploi, le Directeur de l'Emploi de Wilaya notifie à l'organisme employeur l'accord de principe et l'informe de la date à partir de laquelle il peut introduire le dossier de la demande d'Autorisation Provisoire de Travail pour l'obtention de visa de travail aux travailleurs étrangers. » Autorité : directeur de l'emploi de wilaya.
  • 3. Dépôt de l'offre d'emploi nationale. « Le dépôt de l'offre d'emploi destinée à la main d'œuvre nationale devra être effectué par l'organisme employeur concerné au niveau des services de l'Agence de Wilaya de l'Emploi au plus tard un (01) mois après la notification de l'accord de principe. » C'est ici, et seulement ici, qu'intervient l'ANEM. L'offre suit l'accord, elle ne le précède pas.
  • 4. Autorisation provisoire de travail, puis visa de travail. Le travailleur étranger présente sa demande de visa de travail à la représentation diplomatique ou consulaire algérienne, et le dossier de demande comporte l'autorisation provisoire de travail délivrée par les services compétents chargés de l'emploi, le contrat de travail et un engagement de rapatriement du travailleur étranger (guide de procédures du ministère chargé du travail). Autorités : services de l'emploi pour l'autorisation, poste consulaire pour le visa.
  • 5. Dépôt du dossier de titre de travail après l'entrée. « Dès l'entrée du travailleur étranger titulaire d'un visa de travail, sur le territoire national, l'organisme employeur dispose d'un délai de quinze (15) jours pour introduire le dossier du permis de travail ou de l'autorisation de travail temporaire. » Ce délai « est porté à 45 jours pour les travailleurs étrangers issus des pays exemptés du visa d'entrée » (guide de procédures du ministère).
  • 6. Instruction et délivrance. Les services de l'emploi territorialement compétents statuent, puis délivrent le titre, valable pour une activité salariée déterminée auprès d'un seul employeur.
  • 7. Carte de résident. Elle relève d'une autre autorité : « l'attribution par la wilaya du lieu de résidence d'une carte de résidence dont la durée de validité est de deux (2) ans », étant précisé que « le travailleur étranger salarié reçoit une carte de résident dont la durée de validité ne peut excéder celle du document l'autorisant à travailler » (loi 08-11, art. 16).

Premier piège de séquencement : le titre de travail conditionne la carte de résident, et non l'inverse. « Tout étranger désirant résider en Algérie, en vue d'exercer une activité salariée, ne peut bénéficier d'une carte de résident que s'il est titulaire de l'un des documents suivants : 1- un permis de travail ; 2- une autorisation de travail temporaire ; 3- une déclaration d'emploi de travailleur étranger pour les étrangers non soumis au permis de travail » (loi 08-11, art. 17). Et la demande se fait en amont : « quinze (15) jours avant l'expiration de la validité du visa » (loi 08-11, art. 18).

Second piège : obtenir le titre de travail ne règle pas le séjour. « La possession d'un permis de travail ou d'une autorisation de travail temporaire ne dispense pas leur titulaire de satisfaire aux formalités prévues par la législation et la réglementation en vigueur et relatives au séjour des étrangers en Algérie » (décret 82-510, art. 4). Deux administrations, deux dossiers, deux calendriers.

La branche courte : détachement de moins de trois mois

Un régime distinct existe pour les missions courtes. Il fait sauter deux étapes, mais pas toutes.

  • Selon le guide de procédures du ministère, ces travailleurs « sont soumis au visa de travail temporaire, mais sans le recours à la procédure préalable de l'accord de principe ou de l'autorisation provisoire de travail (APT) ».
  • L'exonération n'est pas totale : « ces travailleurs restent soumis à une déclaration auprès des services de la Direction de l'Emploi de Wilaya, contre un récépissé de la déclaration de travailleur étranger détaché ». Le récépissé est la pièce à produire en cas de contrôle.
  • En dessous de quinze jours et à titre exceptionnel, l'autorisation de travail temporaire elle-même n'est pas exigée, « sans que le total cumulé des durées de présence n'excède trois (3) mois dans l'année » (loi 81-10, art. 9), et ces travaux se déclarent au directeur de wilaya chargé du travail (décret 82-510, art. 20).

Le plafond de l'article 9 se calcule en cumul annuel. Des rotations répétées de courte durée sur un même chantier finissent par franchir les trois mois et font basculer le salarié hors du régime d'exemption, sans qu'aucune notification ne vienne le signaler. C'est le compteur le plus souvent oublié sur les missions d'assistance technique.

Les pièces exigées

Deux listes se succèdent et elles ne sont pas identiques. Le dossier du permis de travail (décret 82-510, art. 8) comprend :

  • « Une fiche de renseignements relatifs au travailleur étranger ».
  • « Les copies, dûment certifiées conformes aux originaux des titres, diplômes ou autres documents probants de la qualification professionnelle de ce travailleur ».
  • « Les copies, dûment certifiées conformes aux originaux des documents attestant que l'entrée du travailleur en Algérie s'est effectuée de manière régulière ».
  • « Les certificats médicaux prévus par la législation en vigueur ».
  • « Un exemplaire du contrat de travail, dûment approuvé ».
  • « Des photos d'identité ». Un récépissé est délivré à l'occasion du dépôt.

Le dossier complémentaire déposé après l'entrée en Algérie comprend, selon le guide de procédures du ministère, « la copie du passeport justifiant d'une entrée légale en Algérie (visa de travail) », « deux (2) certificats médicaux de médecine générale et de phtisiologie délivrés par les structures sanitaires nationales habilitées » et un « contrat de travail à durée déterminée dûment approuvée par les parties contractantes ».

Point d'attention rarement anticipé : les certificats médicaux exigés à ce stade sont délivrés par des structures sanitaires nationales habilitées. Un bilan réalisé dans le pays d'origine, même complet, ne s'y substitue pas. Sur une arrivée groupée, la capacité de ces structures devient une contrainte de calendrier réelle.

En cas de changement d'employeur, le dossier de renouvellement comporte en plus « une attestation de l'ancien organisme employeur certifiant la bonne conduite et les qualités professionnelles de l'intéressé, et indiquant les motifs de la cessation de la relation de travail » et « un certificat de travail attestant que le travailleur étranger a accompli ses obligations contractuelles, et qu'il quitte son organisme employeur, libre de tout engagement » (décret 82-510, art. 12). Obtenir cette attestation de sortie auprès de l'entité quittée est un point de blocage classique lorsque le salarié passe d'une entité du groupe à une autre.

Les délais, texte par texte

Ils ne forment pas un ensemble unique. Chacun a son instrument, son point de départ et son destinataire. Les présenter en bloc, comme le font la plupart des pages sur le sujet, est la première cause de titre expiré.

DélaiÀ qui il s'imposeObjetBase
45 jours suivant le dépôtServices de l'emploiNotifier la suite réservée à la demande. « Passé ce délai, l'avis favorable des services de l'emploi est réputé acquis »Décret 82-510, art. 9
15 jours suivant l'avis favorableServices de l'emploiDélivrer le permis de travailDécret 82-510, art. 10
45 jours au moins avant l'expirationEmployeurDéposer la demande de renouvellement du permis de travail. Le récépissé de dépôt « permet au travailleur étranger de poursuivre ses activités jusqu'à la date limite de validité du permis de travail déposé »Décret 82-510, art. 13
15 jours au moins avant l'expirationServices de l'emploiNotifier à l'employeur la suite réservée à la demande de renouvellementDécret 82-510, art. 14
8 jours au moins avant l'expirationEmployeurDéposer la demande de renouvellement de l'autorisation de travail temporaireDécret 82-510, art. 17
15 jours après l'entrée en Algérie, porté à 45 jours pour les ressortissants de pays exemptés du visa d'entréeEmployeurIntroduire le dossier du permis de travail ou de l'autorisation de travail temporaireGuide de procédures du ministère chargé du travail
1 mois au plus après la notification de l'accord de principeEmployeurDéposer l'offre d'emploi destinée à la main d'œuvre nationale auprès de l'agence de wilaya de l'emploiGuide de procédures du ministère chargé du travail
15 jours avant l'expiration de la validité du visaTravailleurDemander la carte de résident à la wilaya du lieu de résidenceLoi 08-11, art. 18
48 heuresEmployeurAviser les services de l'emploi territorialement compétents de toute résiliation de contrat d'un travailleur étrangerLoi 81-10, art. 21
15 jours au plus après la ruptureEmployeurAdresser aux services de l'emploi le titre restitué par le salariéLoi 81-10, art. 21
Premier trimestre de chaque année, au titre de l'exercice précédentEmployeurÉtablir et adresser aux services de l'emploi l'état nominatif du personnel étranger, que ces travailleurs soient ou non soumis au permisLoi 81-10, art. 22

Les sanctions, et pourquoi elles se comptent par tête

Les montants sont modestes rapportés au coût d'une mobilisation. Leur logique de calcul l'est beaucoup moins.

  • Emploi d'un travailleur étranger soumis à l'obligation de titre sans ce titre : « sera puni d'une amende de 10.000 DA à 20.000 DA par infraction constatée, tout contrevenant aux dispositions de la présente loi qui occuperait un travailleur étranger, soumis à l'obligation du permis de travail ou de l'autorisation de travail temporaire ». C'est la rédaction actuelle de l'article 19 de la loi 81-10, issue de l'article 55 de la loi de finances complémentaire pour 2015.
  • Défaut de transmission de l'avis de résiliation ou de l'état nominatif annuel : amende de 5.000 DA à 10.000 DA. C'est la rédaction actuelle de l'article 23 de la loi 81-10, issue de l'article 56 de la loi de finances complémentaire pour 2015.
  • Défaut de notification d'un poste vacant à l'agence de placement : « une amende de 10.000 DA à 30.000 DA par poste d'emploi vacant non notifié » (loi 04-19, art. 24). Par poste, pas par entreprise.
  • Le salarié étranger est personnellement exposé : « une amende de 1.000 DA à 5.000 DA et d'un emprisonnement de dix (10) jours à un mois, ou de l'une de ces deux peines seulement, sans préjudice des mesures administratives qui peuvent être prises à son encontre » (loi 81-10, art. 25).

Deux formules commandent tout : « par infraction constatée » à l'article 19 de la loi 81-10, et « par poste d'emploi vacant non notifié » à l'article 24 de la loi 04-19. L'exposition suit donc la taille de l'équipe, elle n'est pas forfaitaire.

Ce qui coûte réellement n'est pas l'amende. C'est le temps : un dossier à reprendre pour un salarié déjà présent sur site relance l'instruction, avec les délais de la section précédente qui recommencent à courir depuis le nouveau dépôt.

Le quota de 20 % n'existe pas dans ces textes

L'affirmation revient dans les notes d'entrée de marché et sur plusieurs pages francophones : la loi 81-10 plafonnerait la main d'œuvre étrangère à 20 % de l'effectif. Voici ce que nous avons vérifié, et la formulation exacte de ce que nous affirmons.

Nous avons lu l'intégralité de la loi n° 81-10 et l'intégralité du décret n° 82-510. Ni l'un ni l'autre ne contient de pourcentage, de proportion, de ratio ou de quota de travailleurs étrangers rapporté à l'effectif de l'entreprise.

Les seules limites que posent ces deux textes sont d'une autre nature et s'apprécient poste par poste : le niveau de qualification au moins équivalent à celui de technicien (loi 81-10, art. 3), et la vérification que le poste ne peut pas être pourvu par un travailleur national (loi 81-10, art. 5, et décret 82-510, art. 7). Une entreprise peut ainsi se voir refuser dix postes sur quinze sans qu'aucun pourcentage n'ait été appliqué.

Formulation exacte de notre affirmation : il n'existe pas de quota de main d'œuvre étrangère dans la loi 81-10 ni dans le décret 82-510. Nous n'affirmons pas qu'aucun texte sectoriel, par exemple en matière d'hydrocarbures ou de contenu local dans la commande publique, ne pose de contrainte de proportion pour une activité donnée. Cette vérification se fait secteur par secteur, sur le texte applicable à votre marché, et nous la menons au cas par cas.

Qui n'a pas besoin de titre de travail

Le guide de procédures du ministère liste les catégories d'étrangers exclus de l'obligation de titre de travail.

  • « Les professions commerciales, industrielles, libérales et artisanales » (guide de procédures du ministère).
  • « Les détenteurs d'actions dans les entreprises » (guide de procédures du ministère).
  • L'exclusion ne vaut que pour le titre de travail : « même si ces catégories de personnes sont dispensées de titres de travail, elles n'en restent pas moins soumises aux dispositions des autres législations en vigueur notamment au respect de la législation et de la réglementation en matière d'entrée, de séjour et de circulation des étrangers en Algérie ».

C'est la base correcte de la réponse souvent donnée pour un gérant étranger, mais la formulation compte. La bonne rédaction n'est pas « le gérant n'a pas besoin de permis de travail », elle est « le gérant relève d'une catégorie exclue de l'obligation de titre de travail ». La nuance change tout dès qu'un expatrié cumule un mandat social et une activité salariée dans la même entité, ou qu'il est détaché par la maison mère avec un contrat de travail.

Les exemptés ne disparaissent pas des obligations déclaratives de l'employeur. L'état nominatif annuel couvre le personnel étranger « soumis ou non au permis de travail ou à l'autorisation de travail temporaire » (loi 81-10, art. 22). Ils y figurent.

Mobiliser 50, 100 ou 200 salariés étrangers

Aucun texte ne prévoit de traitement de masse. La procédure reste individuelle. Ce qui change à l'échelle, c'est le nombre de compteurs qui tournent en parallèle et le fait que chacun d'eux a sa propre date.

  • Un titre par salarié, par employeur et par activité déterminée (loi 81-10, art. 4). Deux cents salariés, ce sont deux cents dossiers, deux cents jeux de diplômes certifiés conformes et deux cents jeux de certificats médicaux.
  • Le plancher de qualification s'apprécie salarié par salarié (loi 81-10, art. 3). Sur un effectif de chantier, c'est cette condition qui détermine la part réellement mobilisable, avant toute autre considération de coût ou de délai.
  • Le calendrier d'entrée fixe le calendrier de dépôt : 15 jours après l'entrée, 45 jours pour les ressortissants de pays exemptés du visa d'entrée. Une arrivée échelonnée sur six semaines produit autant de dates butoir distinctes qu'il y a de vagues d'arrivée.
  • Les renouvellements ne se groupent pas : 45 jours au moins avant expiration pour un permis de travail, 8 jours au moins avant expiration pour une autorisation de travail temporaire (décret 82-510, art. 13 et 17). Comme la validité épouse la durée du contrat, les échéances se dispersent sur toute l'année.
  • Les sorties créent une obligation immédiate : 48 heures pour aviser les services de l'emploi, 15 jours pour leur adresser le titre restitué (loi 81-10, art. 21). Sur une rotation d'équipes, c'est un flux continu et non un événement ponctuel.
  • L'état nominatif du personnel étranger se produit une fois par an, au premier trimestre, au titre de l'exercice précédent, et couvre les exemptés (loi 81-10, art. 22).
  • Le dépôt de l'offre d'emploi nationale intervient au plus tard un mois après la notification de l'accord de principe. Sur un plan de recrutement à plusieurs vagues, c'est cette notification qui déclenche le compte à rebours, pas la signature du marché ni l'ordre de service.
  • L'avis des représentants des travailleurs accompagne le dossier (loi 81-10, art. 6). Sur une entité algérienne récemment constituée, la mise en place de cette représentation devient un prérequis de calendrier, à traiter avant le premier dépôt et non pendant.
  • Les amendes se comptent par infraction constatée et par poste non notifié. À effectif élevé, l'exposition est proportionnelle à la taille de l'équipe.

La conclusion pratique est qu'une mobilisation de plusieurs dizaines de personnes ne se pilote pas dossier par dossier mais sur un registre d'échéances : une ligne par salarié, avec la date d'entrée, la date de dépôt limite, la date d'expiration du titre, la fenêtre de renouvellement applicable et le statut de la carte de résident. C'est cet objet que nous construisons et tenons pour nos clients, en plus des dépôts eux-mêmes.

Ce que nous prenons en charge

UpGrowth Connect intervient comme prestataire de l'entité algérienne employeuse. Nous ne délivrons aucun titre et nous n'en promettons aucun : nous qualifions, constituons, déposons et suivons les dossiers auprès des administrations compétentes.

  • Qualification du régime applicable mission par mission : permis de travail, autorisation de travail temporaire, détachement court, ou catégorie exclue de l'obligation de titre.
  • Tri préalable de la liste nominative au regard du plancher de qualification de l'article 3, avant tout dépôt.
  • Constitution du dossier d'accord de principe et dépôt auprès de la direction de l'emploi de wilaya territorialement compétente.
  • Dépôt de l'offre d'emploi destinée à la main d'œuvre nationale auprès de l'agence de wilaya de l'emploi, dans le délai d'un mois suivant la notification de l'accord.
  • Préparation des dossiers d'autorisation provisoire de travail et coordination avec le poste consulaire pour les visas de travail, engagement de prise en charge du rapatriement compris.
  • Dépôt du dossier de titre de travail dans le délai courant à compter de l'entrée de chaque salarié, avec récupération et archivage des récépissés.
  • Tenue du registre des échéances : expirations, fenêtres de renouvellement à 45 jours et à 8 jours, avis de résiliation à 48 heures, restitution des titres, état nominatif annuel.
  • Coordination avec la carte de résident délivrée par la wilaya du lieu de résidence, dont la validité ne peut excéder celle du titre de travail.
  • Vérification, secteur par secteur, des contraintes propres à votre activité et à votre marché, y compris toute exigence de proportion figurant dans un texte sectoriel.
  • Un interlocuteur nommé pour le siège et pour la direction des ressources humaines de l'entité algérienne, en français et en anglais.

Sources

Chaque affirmation de cette page renvoie à l'un des textes ci-dessous. Les liens pointent vers les scans du Journal officiel et vers les pages officielles, pas vers des reprises.

Une précision d'honnêteté, parce qu'elle vous évitera une mauvaise surprise. Cette page ne publie aucun montant de droit de timbre pour la délivrance d'un permis de travail ou d'une autorisation de travail temporaire. Le montant fixé par la loi de finances complémentaire pour 2015 a été modifié par une loi de finances postérieure, et nous ne publions pas un chiffre que nous n'avons pas relu ligne à ligne dans le Journal officiel. Le montant en vigueur au jour du dépôt vous est confirmé par écrit dans le cadrage de mission.

FAQ · Permis de travail des salariés étrangers en Algérie

Prochaine étape

Ouvrir un dossier employeur

Pour l'entité algérienne d'un groupe étranger qui recrute ou détache des salariés expatriés. Cadrage du régime applicable, calendrier de dépôt, registre des échéances.

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  • Interlocuteur nommé, en français et en anglais
  • Chaque affirmation de cette page est sourcée au Journal officiel
  • Prestataire de l'entité employeuse, aucune délivrance de titre