Le texte précise la portée de l'engagement d'investir. Selon l'article 84 du décret 15-247, si le service contractant constate que l'investissement ne s'est pas réalisé selon le calendrier et la méthodologie du cahier des charges par la faute du cocontractant étranger, il le met en demeure, dans les conditions de l'article 149, de rattraper son retard dans un délai fixé par la mise en demeure, sous peine des sanctions financières prévues à l'alinéa 2 de l'article 147 et de son inscription sur la liste des opérateurs économiques exclus de la participation aux marchés publics, dans les conditions de l'article 75. Le même article permet en outre au service contractant, s'il le juge nécessaire, de résilier le marché aux torts exclusifs du cocontractant étranger, avec l'accord de l'autorité de l'organisme public ou du ministre concerné.
Deux garde-fous visent les achats et la sous-traitance étrangers. L'article 60 de la loi 23-12 exige que le cahier des charges ne permette le recours au produit importé que si le produit local équivalent n'est pas disponible ou si sa qualité ne répond pas aux normes techniques requises, et qu'il ne permette la sous-traitance étrangère que si les entreprises de droit algérien ne sont pas en mesure de satisfaire les besoins. L'article 85 du décret 15-247 le dit dans les mêmes termes. L'article 59 de la loi ajoute que lorsque la production nationale ou l'outil national de production sont en mesure de répondre aux besoins du service contractant, celui-ci lance un appel national à la concurrence : c'est l'avis et le cahier des charges qui disent si l'appel auquel vous répondez est national ou international.
Sur le groupement, l'article 37 du décret 15-247 permet que le cocontractant soit une ou plusieurs personnes qui s'engagent soit individuellement, soit dans un groupement momentané d'entreprises défini à son article 81. La loi 23-12, lue en entier, ne fait pas du groupement avec une entreprise algérienne une condition de participation : elle ouvre le groupement à tous les candidats (article 55) et impose, à l'entreprise étrangère qui soumissionne seule, la sous-traitance de 30 % décrite plus haut (article 82). Le groupement est donc une voie possible, pas une obligation écrite dans ces articles.
Les règles du groupement qui touchent une entreprise étrangère se lisent à l'article 81 du décret 15-247. Dans un groupement solidaire, le paiement se fait sur un compte commun ouvert au nom du groupement et les cautions sont établies au nom du mandataire, mais si le groupement est mixte, composé de sociétés de droit algérien et de sociétés étrangères, les cautions peuvent exceptionnellement être établies au nom de chaque membre, sans toucher à la nature du groupement. Dans un groupement conjoint, le paiement se fait dans les comptes de chaque membre et les cautions sont établies au nom de chaque membre, sauf stipulation contraire de la convention de groupement. Les membres désignent comme mandataire le membre détenteur de la majorité, sauf exception motivée dans la déclaration de souscription.
L'article 57 du même décret apprécie les capacités d'un groupement dans leur ensemble : il n'est pas demandé à chaque membre de prouver toutes les capacités exigées du groupement, et la capacité du sous-traitant présenté dans l'offre est prise en compte pour évaluer celle du candidat. Pour la marge de préférence, l'article 83 soumet le bénéfice de la marge, quand le soumissionnaire est un groupement d'entreprises de droit algérien et d'entreprises étrangères, à une justification portant sur les parts que détiennent respectivement ces entreprises, en travaux à exécuter et en montants.
Côté pièces, l'article 67 du décret 15-247 distingue les entreprises étrangères dans trois mentions de la déclaration de candidature. Le numéro d'identification fiscale est demandé aux entreprises algériennes et aux entreprises étrangères qui ont déjà travaillé en Algérie. La situation à l'égard des obligations fiscales et parafiscales et, le cas échéant, à l'égard de l'organisme des congés payés et du chômage intempéries des secteurs du bâtiment, des travaux publics et de l'hydraulique, est attestée pour les entreprises de droit algérien et pour les entreprises étrangères qui ont déjà travaillé en Algérie. Le dépôt légal des comptes sociaux ne concerne que les sociétés de droit algérien. Le numéro D-U-N-S demandé aux entreprises étrangères est celui de l'arrêté des modèles, présenté plus haut. Pour tout autre document, le cahier des charges de la consultation fait foi.