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Micro-importation en Algérie 2026 : le cadre auto-entrepreneur

Depuis le 28 juin 2025, un auto-entrepreneur peut importer pour la vente en l'état jusqu'à 1 800 000 DA de marchandises par déplacement, à raison de deux (2) déplacements par mois au maximum (décret exécutif n° 25-170, art. 2). C'est la micro-importation, et elle exige une carte d'auto-entrepreneur portant ce domaine, une autorisation générale du ministère chargé du commerce extérieur, et une déclaration de la marchandise avant chaque opération (art. 6, 11 et 13). L'import commercial classique, lui, reste fermé au statut : il exige une société et un registre du commerce importateur. Ce guide détaille les quatre étapes du décret, ce qui est exclu, le régime fiscal de l'article 143 de la loi de finances 2026, et la voie société.

Contenu vérifié le 21 septembre 2026Notre méthodologie
Par, Experts statuts entrepreneuriaux & import-export
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Un auto-entrepreneur peut-il importer en Algérie ?

Réponse courte : oui pour la micro-importation, non pour l'import commercial classique. Depuis le 28 juin 2025, l'activité de micro-importation est ouverte au statut d'auto-entrepreneur par le décret exécutif n° 25-170 du 28 juin 2025 (Journal officiel n° 40 du 29 juin 2025, pages 7 et 8), confirmé par l'article 143 de la loi de finances pour 2026 (Journal officiel n° 88 du 31 décembre 2025, page 71, applicable à compter du 28 juin 2025). Elle est strictement encadrée : opérations effectuées à titre individuel lors de déplacements à l'étranger, valeur n'excédant pas 1 800 000 DA par déplacement, deux (2) déplacements par mois au maximum, marchandises importées pour la vente en l'état (décret 25-170, art. 2).

Toute autre importation commerciale reste fermée au statut : elle exige une société avec un Registre du Commerce importateur et un NIF importateur, obtenus via le CNRC et la Direction Générale des Douanes. Cette page détaille ce que la micro-importation ouvre et ce qu'elle exige, ce qui reste possible sans importer soi-même, et la voie société pour un import commercial classique.

Micro-importation : ce que la loi ouvre et ce qu'elle exige

  • Définition et contingent (art. 2) : opérations effectuées à titre individuel par des personnes physiques, lors de leurs déplacements à l'étranger, en vue de l'importation pour la vente en l'état de quantités limitées de biens et marchandises d'une valeur n'excédant pas 1 800 000 DA par déplacement, à raison de deux (2) déplacements par mois au maximum. Cette valeur n'inclut pas l'allocation touristique annuelle. Tout dépassement du contingent est interdit (art. 8).
  • Conditions d'exercice (art. 5) : atteindre l'âge légal du travail, être de nationalité algérienne et résider en Algérie, n'exercer aucune autre activité rémunérée, salariale, commerciale ou profession libérale, être affilié à la Caisse nationale de sécurité sociale des non-salariés, disposer d'un compte bancaire en devises ouvert auprès de la Banque extérieure d'Algérie. L'exercice de l'activité entraîne l'exclusion du bénéfice de l'allocation chômage.
  • Titres exigés (art. 6) : une carte d'auto-entrepreneur en cours de validité portant le domaine ou l'activité micro-importation, délivrée par l'ANAE, et une autorisation générale délivrée par les services du ministère chargé du commerce extérieur.
  • Autorisation générale (art. 12) : délivrée dans un délai de cinq (5) jours ouvrables à compter de l'introduction de la demande, valable une (1) année renouvelable, personnelle et incessible. L'exercice effectif de l'activité y est subordonné (art. 11).
  • Avant chaque opération (art. 13) : déclaration des marchandises via la plate-forme numérique mise en place au niveau du ministère chargé des start-up, interconnectée avec les services des douanes.
  • Avantages (art. 4) : comptabilité simplifiée sur un registre coté et paraphé par les services des impôts, dispense de l'obligation d'inscription au registre du commerce, dispense des autorisations d'importation préalables, droit de douane de 5 % et régime fiscal spécifique.
  • Exclusions (art. 9) : marchandises prohibées et produits sensibles, équipements sensibles du décret exécutif n° 09-410, produits pharmaceutiques, marchandises dont l'importation est subordonnée à autorisations spéciales, marchandises portant atteinte à la sécurité, à l'ordre public et à la morale.
  • Régime fiscal et douanier (loi de finances 2026, art. 143) : taux réduit de 5 % des droits de douane, exemption de la TVA, des redevances douanières et des autres droits et taxes exigibles à l'importation, y compris la contribution de solidarité et le droit additionnel provisoire de sauvegarde. Dédouanement au vu d'une déclaration en douane simplifiée. IFU de 0,5 % libératoire à chaque opération d'importation, calculé sur la valeur en douane augmentée des droits de douane et d'une marge forfaitaire de 30 %, acquitté auprès des services des douanes lors de la mise à la consommation.
  • Financement (art. 7) : le micro-importateur finance son activité sur ses devises propres.
  • Fraîcheur des produits (art. 6) : à la date d'importation, la durée de validité restante des produits importés doit être supérieure à la moitié de leur durée globale limite de consommation. Le micro-importateur s'engage par ailleurs à respecter les règles relatives à la protection du consommateur et à la sécurité nationale.
  • Traçabilité de la marchandise (art. 14) : le micro-importateur est tenu d'assurer l'identification de ses marchandises au moyen d'étiquettes adaptées et de bons de livraison simplifiés. Les étiquettes doivent comporter notamment le nom et le prénom ainsi que l'adresse du micro-importateur, la désignation de la marchandise, et le pays d'origine et/ou de provenance. Outre ces mentions, le bon de livraison doit comporter, selon le cas, la quantité et/ou le poids et/ou le volume de la marchandise.
  • Code de l'activité (arrêté du 29 juin 2025) : l'arrêté du 3 Moharram 1447 correspondant au 29 juin 2025, publié au Journal officiel n° 41 du 1er juillet 2025 page 23, met à jour le contenu de la liste des activités individualisées relatives à l'auto-entrepreneur en application de l'article 8 du décret exécutif n° 23-197. Son article 1er renvoie à la liste jointe à l'original de l'arrêté, qui n'est donc pas publiée au Journal officiel : la nomenclature opposable est celle que publie l'ANAE, où la micro-importation porte le code 080101 dans le domaine 080000.

Le décret exécutif n° 25-170 du 28 juin 2025 fixe les conditions et les modalités d'exercice de l'activité de micro-importation par l'auto-entrepreneur (Journal officiel n° 40 du 29 juin 2025, pages 7 et 8). L'article 143 de la loi de finances pour 2026 (loi n° 25-17 du 14 décembre 2025, Journal officiel n° 88 du 31 décembre 2025, page 71) rend les contribuables exerçant cette activité éligibles au statut d'auto-entrepreneur et en fixe le régime fiscal et douanier, applicable à compter du 28 juin 2025.

Devenir micro-importateur : les 4 étapes du décret 25-170

  • Étape 1, s'inscrire au registre national de l'auto-entrepreneur (art. 10) : toute personne satisfaisant aux conditions prévues à l'article 5 et désirant exercer l'activité de micro-importation est tenue de s'inscrire au registre national de l'auto-entrepreneur suivant les modalités prévues par le décret exécutif n° 23-197 du 25 mai 2023.
  • Étape 2, obtenir la carte portant le domaine micro-importation (art. 6) : le micro-importateur doit détenir une carte d'auto-entrepreneur, en cours de validité, portant le domaine ou l'activité micro-importation, dûment délivrée par l'agence nationale de l'auto-entrepreneur. Le guide de l'ANAE donne le code de cette activité, 080101, et ajoute deux exigences que le décret ne nomme pas : un numéro d'identification fiscale validé par les services des impôts, et la carte bancaire internationale retenue comme moyen principal et unique de financement dans la limite du plafond.
  • Étape 3, obtenir l'autorisation générale (art. 6, 11 et 12) : l'autorisation générale est délivrée par les services du ministère chargé du commerce extérieur dans un délai de cinq (5) jours ouvrables à compter de l'introduction de la demande. Elle est valable pour une durée d'une (1) année renouvelable. Elle est personnelle et incessible, et l'exercice effectif de l'activité y est subordonné.
  • Étape 4, déclarer la marchandise avant chaque opération (art. 13) : préalablement à chaque opération d'importation, le micro-importateur est tenu de déclarer, via une plate-forme numérique mise en place à cet effet, les marchandises devant être importées. Cette plate-forme est mise en place au niveau du ministère chargé des start-up et elle est interconnectée avec les administrations et les organismes concernés ainsi qu'avec les services des douanes. L'ANAE indique que la déclaration se fait sur sa plate-forme avant l'arrivée des marchandises sur le territoire douanier.
  • Le compte bancaire (art. 5) : disposer d'un compte bancaire en devises ouvert auprès de la Banque extérieure d'Algérie est une condition d'exercice, et l'article 7 ajoute que le micro-importateur finance son activité sur ses devises propres.

Le décret exécutif n° 25-170 ordonne le parcours en quatre temps et l'exercice effectif de l'activité reste subordonné à la troisième (art. 11). Le guide officiel de l'Agence nationale de l'auto-entrepreneur indique que la demande de carte, la demande d'autorisation générale et la déclaration des marchandises passent toutes par sa plate-forme, sur www.anae.dz (https://anae.dz/micro-importer/guide).

Ce que la micro-importation ne permet pas d'importer

  • Les marchandises prohibées et les produits sensibles (art. 9).
  • Les équipements sensibles prévus par le décret exécutif n° 09-410 du 10 décembre 2009, modifié et complété (art. 9).
  • Les produits pharmaceutiques (art. 9).
  • Les marchandises dont l'importation est subordonnée à autorisations spéciales (art. 9).
  • Les marchandises portant atteinte à la sécurité, à l'ordre public et à la morale (art. 9).
  • L'ANAE reprend ces cinq catégories comme ses cinq premiers domaines et en ajoute un sixième, intitulé « autres biens et matières », détaillé domaine par domaine sur son site.

L'article 9 du décret exécutif n° 25-170 exclut cinq catégories de l'activité de micro-importation. L'ANAE publie la liste détaillée en six domaines et la rattache expressément à cet article 9, sur https://anae.dz/micro-importer/prohibited/. Aucune liste positive des produits autorisés n'est publiée : le domaine ANAE 080000 ne contient qu'une seule activité, « L'activité de micro-importation », code 080101, de sorte que le tri se fait par exclusion et non par une liste de produits admis.

Ce qui reste possible en tant qu'auto-entrepreneur

  • Conseil en import-export : accompagnement stratégique d'importateurs existants.
  • Services de sourcing pour le compte de tiers (sans prise de marchandise en propre).
  • Rédaction de cahiers des charges, études de marché, mystery shopping pour exportateurs étrangers.
  • Agent commercial pour marques étrangères (statut de commissionnaire, sans stock).
  • Formation et coaching en commerce international.
  • Traduction et interprétariat pour dossiers d'import.

En dehors de la micro-importation, plusieurs activités connexes à l'import sont ouvertes au statut, sans prise de marchandise en propre.

Les 3 structures pour un import commercial classique

  • Toutes doivent obtenir un Registre du Commerce importateur mentionnant explicitement l'activité d'importation.
  • Un NIF et un numéro d'Article d'Importation sont requis.
  • Une domiciliation bancaire pour transferts internationaux est obligatoire.

Si votre projet dépasse le cadre de la micro-importation, voici les 3 structures adaptées à un import commercial classique, chacune avec ses seuils et ses contraintes.

StructureCapital minCA ciblePour qui
EURLLibre (100 000 DZD standard bancaire)< 200 M DZDUn seul associé, activité récurrente
SARLLibre (100 000 DZD standard bancaire)< 200 M DZDPlusieurs associés, projet scalable
SPA (Société par Actions)1 000 000 DZD minimum, 5 000 000 en cas d'appel public à l'épargne> 200 M DZDGros volumes, ouverture capital

Passer d'auto-entrepreneur à EURL pour importer

  • Conservation du NIF existant (évite de perdre l'historique fiscal).
  • Rédaction de statuts notariés de l'EURL (coût ~40 000 DZD).
  • Dépôt du capital social en compte bancaire bloqué. Le montant est librement fixé par les statuts depuis la loi 15-20 de 2015 ; 100 000 DZD reste le standard demandé par les banques.
  • Inscription au CNRC avec mention 'import' dans l'objet social.
  • Obtention d'un NIS (Numéro d'Identification Statistique) auprès de l'ONS.
  • Demande de numéro d'Article d'Importation auprès des Douanes.
  • Domiciliation import auprès d'une banque publique (BNA, BEA, CPA).
  • Cessation éventuelle du statut auto-entrepreneur (ou maintien si activités distinctes).

C'est la voie la plus simple : conserver son statut auto-entrepreneur le temps de structurer, puis créer en parallèle une EURL dédiée à l'import, ou migrer intégralement.

Coût pour lancer une activité d'import en EURL, Forfait UpGrowth Connect

Le forfait société (EURL) couvre la création complète. Seuls 2 postes spécifiques à l'import s'ajoutent (Article d'Importation Douanes + domiciliation bancaire import).

PosteForfait 12 moisForfait 6 mois
Forfait Société UpGrowth (voir /cout-creation-entreprise-algerie)268 610 DZD208 610 DZD
Capital social, montant libre (1/5 libéré chez le notaire)100 000 DZD +100 000 DZD +
Numéro Article d'Importation (Douanes)~10 000 DZD~10 000 DZD
Domiciliation bancaire import (ouverture)~15 000 DZD~15 000 DZD
TOTAL~293 610 DZD + capital~233 610 DZD + capital

Erreurs fréquentes à éviter

  • Importer hors du cadre de la micro-importation avec une carte d'auto-entrepreneur : la Douane rejette (contrôle NIF importateur). Dans le cadre de la micro-importation, la carte doit porter le domaine ou l'activité micro-importation et l'autorisation générale du ministère chargé du commerce extérieur est exigée (décret exécutif n° 25-170, art. 6 et 11).
  • Utiliser un prête-nom (sogha) : illégal, sanctionné pénalement en cas de contrôle.
  • Ignorer la domiciliation bancaire : les transferts internationaux seront bloqués.
  • Sous-déclarer la marchandise en douane : infraction douanière, exposant à un redressement et à des sanctions. Nous n'en chiffrons pas le montant.
  • Mélanger activités auto-entrepreneur et import sur le même compte bancaire : problèmes fiscaux garantis.
  • Importer sans maîtriser la classification SH (système harmonisé) : taxation incorrecte, risque de blocage.

Alternatives pour tester un marché import avant de basculer

  • Dropshipping local (via fournisseurs algériens déjà importateurs), compatible auto-entrepreneur.
  • Agent commercial rémunéré en commission sur ventes d'un importateur existant.
  • Partenariat avec un importateur établi : vous apportez les clients, eux importent.
  • Marketplaces internationales (Amazon, AliExpress) pour test de produit sans stock.
  • Importation personnelle limitée (usage non commercial, plafonnée).

Si vous voulez valider un business d'import sans basculer immédiatement en EURL, plusieurs approches existent.

FAQ · Micro-importation en Algérie 2026 : le cadre auto-entrepreneur

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Analyse projet + structure juridique + obtention Article Importation

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