Depuis la loi n° 26-12 du 8 juin 2026, tout commerçant dispose d'un mois au plus pour engager la modification de son extrait du registre du commerce à compter du changement. Passé ce délai, la sanction n'est plus théorique : amende, mise en demeure, fermeture administrative du local par le wali, puis radiation. Ce guide couvre les cas de modification, les pièces à fournir, les coûts et la procédure.
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Inscription modificative, pièces et modalités officielles
Ministère du commerce intérieur · S'ouvre dans un nouvel onglet
La règle posée par l'article 4 bis de la loi 04-08, créé par l'article 2 de la loi 26-12, est volontairement large. Elle vise les changements intervenus sur les mentions de l'extrait du registre du commerce ou sur le statut de la personne morale. Ce ne sont donc pas seulement les grands événements de la vie sociale qui déclenchent l'obligation, mais tout ce qui rend une ligne de l'extrait inexacte.
Le réflexe utile consiste à prendre son extrait et à le lire ligne par ligne. Le numéro d'immatriculation, l'identité du commerçant ou la dénomination sociale, l'adresse du siège, les activités déclarées avec leurs codes, la forme juridique, le capital, l'identité du gérant. Chaque ligne qui ne correspond plus à la réalité ouvre un compteur d'un mois.
Le cas le plus fréquent en pratique est le transfert de siège. Il arrive souvent sans décision formelle, par exemple lorsqu'une société quitte un local de domiciliation pour ses propres bureaux, et le dirigeant ne perçoit pas toujours qu'il vient de déclencher une formalité obligatoire.
Le deuxième cas fréquent est l'ajout ou le retrait d'une activité. Beaucoup de dirigeants démarrent une activité connexe en considérant qu'elle relève du même métier, alors qu'elle correspond à un code distinct de la nomenclature. Notre outil de recherche de code d'activité permet de vérifier ce point avant d'engager la formalité (/outils/recherche-code-activite).
Le troisième est le changement de gérant, qui appelle une vigilance particulière parce qu'il impose des pièces personnelles nouvelles, notamment l'extrait de casier judiciaire du gérant entrant.
| Cas de modification | Ce qui change sur l'extrait | Pièce spécifique à prévoir |
|---|---|---|
| Transfert du siège social | Adresse | Contrat de location ou acte de propriété au nom de la société |
| Ajout ou retrait d'activité | Codes et libellés d'activité | Agrément ou autorisation si l'activité est réglementée |
| Changement de gérant | Identité du dirigeant | Extrait de casier judiciaire et acte de naissance du nouveau gérant |
| Augmentation ou réduction de capital | Montant du capital social | Actes modificatifs et insertion au BOAL et dans un quotidien national |
| Cession de parts sociales | Répartition du capital, parfois la gérance | Actes modificatifs enregistrés |
| Changement de dénomination sociale | Raison sociale | Nouveau certificat de dénomination et actes modificatifs |
La loi n° 26-12 du 22 Dhou El Hidja 1447 correspondant au 8 juin 2026 a été publiée au Journal officiel n° 44 du 18 juin 2026. Son article 2 insère dans la loi 04-08 un article 4 bis dont la rédaction est directe : tout commerçant, personne physique ou personne morale, est tenu d'engager les procédures de modification de l'extrait du registre du commerce dans un délai d'un mois au plus, à partir de la date des changements intervenus sur les mentions de l'extrait du registre du commerce ou sur le statut de la personne morale.
Deux mots de cette phrase méritent d'être pesés. Le premier est engager. L'obligation porte sur l'engagement des procédures, pas sur leur achèvement. Vous n'êtes pas tenu d'avoir votre nouvel extrait en main au trentième jour, vous êtes tenu d'avoir déposé le dossier. C'est une nuance favorable, mais elle suppose d'avoir réuni les pièces avant l'échéance, ce qui reste le vrai travail.
Le second est à partir de la date des changements. Le compteur ne démarre pas à la date à laquelle vous décidez de vous en occuper, ni à celle où un contrôleur le remarque. Il démarre au fait générateur : la date de l'assemblée qui a nommé le nouveau gérant, la date d'effet du bail sur le nouveau siège, la date de l'acte de cession.
Avant ce texte, la mise à jour du registre relevait d'une obligation dont l'inexécution se traitait surtout au moment où l'on avait besoin d'un extrait à jour. Depuis, elle relève d'un délai autonome, sanctionné pour lui-même. C'est le changement de logique qu'il faut intégrer.
L'article 6 de la loi 26-12 réécrit l'article 37 de la loi 04-08 pour sanctionner le nouvel article 4 bis. Le montant de l'amende compte moins que l'escalade qui suit.
Mis bout à bout, ces délais dessinent une trajectoire courte. Un mois pour engager la modification, trois mois de mise en demeure, puis la fermeture, puis trois mois encore avant que la radiation puisse être prononcée. Une négligence de mise à jour peut donc, en un peu plus de six mois, aboutir à la disparition juridique de l'entreprise.
La fermeture administrative est la mesure qui frappe le plus tôt et le plus fort. Elle ne suppose pas de jugement : c'est le wali qui la prononce, et elle dure jusqu'à régularisation. Pour un commerce de détail ou un local de service, elle signifie l'arrêt du chiffre d'affaires, alors même que le manquement d'origine était purement déclaratif.
La loi 26-12 a par ailleurs durci les conditions d'accès à la qualité de commerçant, en ajoutant à la liste des condamnations non réhabilitées empêchant l'inscription la fraude fiscale, le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et de la subversion, et le financement de la prolifération des armes de destruction massive. Notre digest du Journal officiel détaille l'ensemble du texte (/journal-officiel/loi-26-12-modification-registre-commerce-delai-un-mois).
| Étape | Mesure | Base |
|---|---|---|
| 1 | Amende de 10 000 DA à 500 000 DA pour la personne physique commerçante | Article 37 de la loi 04-08 réécrit |
| 1 bis | Amende de 300 000 DA à 700 000 DA pour la personne morale | Article 37 de la loi 04-08 réécrit |
| 2 | Mise en demeure de régulariser dans un délai de trois mois à compter de la notification | Article 37 de la loi 04-08 réécrit |
| 3 | Fermeture administrative du local par le wali jusqu'à régularisation, la réouverture obéissant aux mêmes formes | Article 37 de la loi 04-08 réécrit |
| 4 | Radiation du registre du commerce prononcée par la juridiction si la situation n'est pas régularisée dans les trois mois suivant la fermeture | Article 37 de la loi 04-08 réécrit |
La fiche du ministère du commerce intérieur consacrée à la modification distingue la personne physique et la personne morale. Certaines pièces ne sont exigées que dans le cas correspondant.
Deux pièces expliquent la plupart des allers-retours au guichet. La première est l'extrait original : c'est bien l'original qui est déposé, pas une copie, puisque la formalité aboutit à l'édition d'un extrait remplaçant le précédent. La seconde est l'insertion au BOAL et dans un quotidien national pour les personnes morales, qui suppose un délai de publication à anticiper si l'on veut rester dans le mois de l'article 4 bis.
Le contrat de location doit être établi au nom de la société pour une personne morale. Un bail au nom du gérant à titre personnel ne convient pas, ce qui surprend régulièrement les dirigeants qui installent leur société dans un local qu'ils louent eux-mêmes.
Le coût se lit à deux niveaux : le droit d'inscription fixé par arrêté, et le montant effectivement acquitté au guichet, qui intègre les composantes annexes.
Ces montants sont ceux de la grille publiée par le CNRC sur son portail sidjilcom.cnrc.dz. Ils diffèrent des droits d'inscription de base fixés par l'arrêté du 31 octobre 2016 publié au Journal officiel n° 01 du 4 janvier 2017, qui ne représentent qu'une composante du prix payé au guichet. La fiche du ministère du commerce intérieur mentionne de son côté des frais de modification de 2 160 DA pour la personne physique. Ces écarts tiennent au périmètre retenu par chaque source, non à une contradiction.
À ces montants s'ajoutent, pour une personne morale, les frais qui ne relèvent pas du CNRC : honoraires du notaire pour les actes modificatifs et coût des insertions au BOAL et dans un quotidien national. Ce sont eux qui font l'essentiel de l'écart entre le tarif administratif et le budget réel d'une modification statutaire.
Pour situer ces coûts dans le budget global d'une entreprise en création, notre page dédiée au coût de création détaille l'ensemble des postes (/cout-creation-entreprise-algerie).
| Formalité | Tarif CNRC publié sur sidjilcom.cnrc.dz |
|---|---|
| Modification, personne physique | 2 592,00 DA |
| Modification sans augmentation de capital, personne morale | 4 032,00 DA |
| Modification avec augmentation de capital de 10 000 à 50 000 DA | 4 224,00 DA |
| Modification avec augmentation de capital de 50 001 à 100 000 DA | 4 704,00 DA |
| Modification avec augmentation de capital supérieure à 100 000 DA | 4 992,00 DA |
| Classification d'activité supplémentaire | 240,00 DA par classification |
| Droit de timbre à joindre au dossier | 4 000 DA |
L'étape que l'on sous-estime le plus est la publication. Entre la délibération, l'acte notarié et la parution effective au BOAL et dans un quotidien, plusieurs jours s'écoulent. Puisque l'obligation porte sur l'engagement des procédures dans le mois, il est prudent de lancer la chaîne dès la décision plutôt que d'attendre d'avoir tous les justificatifs en main.
Depuis le décret exécutif n° 26-155 du 14 avril 2026, publié au Journal officiel n° 31 du 28 avril 2026, les représentants du CNRC auprès des guichets uniques de l'investissement sont habilités à établir, signer et délivrer l'ensemble des actes relevant des prérogatives du préposé du registre. Un dossier de modification traité au guichet unique produit donc un extrait de même valeur.
La première est de croire que le délai court à partir de la constatation du problème. Il court à partir du changement. Un gérant nommé en janvier et déclaré en juin est en défaut depuis février, quelle que soit la bonne foi du dirigeant.
La deuxième est de traiter séparément des formalités qui se déclenchent ensemble. Un changement de gérant ou une cession de parts modifie le registre de commerce, mais peut aussi modifier l'identité du bénéficiaire effectif, laquelle doit être déclarée dans les trente jours au CNRC en application du décret exécutif 26-163. Les deux délais courent en parallèle et se ratent souvent ensemble (/beneficiaire-effectif-algerie).
La troisième est d'oublier que l'extrait sert de pièce d'entrée à d'autres démarches. Un extrait périmé bloque une ouverture de compte, une candidature à un marché, un dossier de financement. Le coût réel du retard n'est pas l'amende, c'est l'opération qui n'a pas pu se faire.
La quatrième est de confondre modification et radiation. Cesser une activité parmi plusieurs relève de la modification. Cesser toute activité relève de la radiation, avec un dossier et un préalable fiscal différents (/radiation-registre-commerce-algerie).
La modification du registre de commerce est une formalité simple sur le papier et pénible en pratique, parce qu'elle enchaîne trois intervenants qui ne travaillent pas au même rythme : le notaire pour les actes, les organes de publication pour l'insertion, le CNRC pour l'inscription. Le mois de l'article 4 bis ne laisse pas de marge pour découvrir cette séquence en cours de route.
UpGrowth Connect prend le dossier depuis la délibération jusqu'au retrait du nouvel extrait : rédaction et suivi des actes modificatifs avec le notaire, insertion au BOAL et dans un quotidien national, constitution du dossier CNRC avec les quittances et les pièces personnelles, dépôt et suivi jusqu'à délivrance.
Nous traitons aussi les situations déjà en retard. Lorsqu'un changement remonte à plusieurs mois, la priorité est d'engager la procédure immédiatement pour arrêter l'aggravation, avant même que la mise en demeure ne soit notifiée. Le diagnostic initial est gratuit et dure trente minutes.
Nos engagements de service s'appliquent : devis ferme sous 24 heures après le diagnostic, aucun frais caché, et une réponse WhatsApp sous 4 heures ouvrées.
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