Depuis le décret exécutif n° 18-112 du 5 avril 2018, l'extrait du registre du commerce délivré par le CNRC porte un code électronique appelé RCE, qui permet d'en vérifier l'authenticité avec un simple téléphone. Ce guide explique ce qu'est le registre de commerce électronique, en quoi il diffère de l'ancien extrait papier, comment se lit le code, et pourquoi la loi 26-12 du 8 juin 2026 rend la mise à jour de cet extrait plus urgente qu'avant.
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Le registre de commerce électronique, désigné par le sigle RCE, n'est pas un registre parallèle au registre de commerce classique. C'est le même registre, tenu par le Centre national du registre de commerce, mais dont l'extrait délivré au commerçant porte désormais un code électronique lisible par machine. L'expression prête à confusion parce qu'elle laisse croire à une seconde immatriculation. Il n'y en a qu'une.
Ce code est décrit par le décret exécutif n° 18-112 du 5 avril 2018 comme un symbole graphique contenant des données chiffrées relatives au commerçant. Il est imprimé sur la face avant de l'extrait, à droite de la partie supérieure, en noir sur fond blanc et entouré d'un cadre noir. Sa position et son apparence sont normalisées précisément pour qu'un agent de contrôle sache où le chercher sur n'importe quel extrait, quelle que soit l'antenne qui l'a délivré.
La logique du dispositif est celle d'un document autoportant. Avant le RCE, vérifier qu'un extrait présenté par un fournisseur ou un candidat à un marché était authentique supposait d'appeler le CNRC ou de se fier au tampon. Le code RCE embarque les données dans le document lui-même : celui qui le lit compare ce que le code contient à ce qui est imprimé sur le papier. Une divergence trahit immédiatement une falsification.
Le choix technique compte aussi. Le décret retient un symbole graphique imprimé, et non une puce ou une bande magnétique. La différence est pratique : un code graphique se lit avec l'appareil photo d'un téléphone ordinaire, alors qu'une puce impose un lecteur dédié à chaque poste de contrôle. C'est ce qui a permis de généraliser la vérification sans équiper les administrations et les banques de matériel spécifique.
Le texte fondateur est le décret exécutif n° 18-112 du 18 Rajab 1439 correspondant au 5 avril 2018, fixant le modèle de l'extrait du registre du commerce délivré sous format électronique. Il a été publié au Journal officiel n° 21 du 11 avril 2018 et figure au recueil réglementaire du ministère du commerce.
Ce décret n'a pas basculé le pays du jour au lendemain. Il a ouvert une période de transition pendant laquelle les extraits dépourvus du code électronique restaient valables, à charge pour les commerçants concernés de demander la modification de leur extrait auprès de l'antenne CNRC compétente. Cette période s'est révélée plus longue que prévu et a été prorogée à trois reprises.
Les textes de prorogation, recensés au même recueil réglementaire, sont le décret exécutif n° 19-251 du 16 septembre 2019, le décret exécutif n° 20-154 du 8 juin 2020 publié au Journal officiel n° 35 du 14 juin 2020, et le décret exécutif n° 22-50 du 23 janvier 2022 publié au Journal officiel n° 7 du 25 janvier 2022. Ce dernier a fixé l'échéance de mise en conformité au 30 juin 2022.
Cette échéance est passée. En 2026, la question n'est donc plus de savoir s'il faut convertir son extrait, mais de constater que tout extrait délivré aujourd'hui par le CNRC porte le code RCE. Un opérateur qui présenterait encore un extrait sans code électronique présente un document dont la période de tolérance a expiré, et il s'expose aux sanctions de la loi n° 04-08 du 14 août 2004 relative aux conditions d'exercice des activités commerciales.
Un dernier texte a modifié le paysage en 2026, non pas sur le format de l'extrait mais sur le lieu où on peut l'obtenir. Le décret exécutif n° 26-155 du 14 avril 2026, publié au Journal officiel n° 31 du 28 avril 2026, a inséré un article 7 bis dans le décret 92-69 portant statut des préposés du CNRC. Les représentants du centre auprès des guichets uniques de l'investissement sont désormais habilités à établir, signer et délivrer l'ensemble des actes relevant des prérogatives du préposé. Un extrait obtenu au guichet unique a la même valeur que celui délivré en antenne.
L'opposition entre les deux formats est moins tranchée que ne le suggère le vocabulaire. Voici ce qui distingue réellement l'extrait actuel de celui d'avant 2018.
Le point que retiennent le moins les dirigeants est le premier de ce tableau : l'extrait au format électronique reste un document papier. Le décret 18-112 fixe le modèle de l'extrait délivré sous format électronique, ce qui vise le mode de production et le code qu'il porte, pas la disparition du support. Vous recevez toujours une feuille, elle porte simplement un code que l'on peut scanner.
Le deuxième point est celui qui a le plus d'effet au quotidien. La vérification est passée d'une démarche administrative à un geste de trois secondes. Une banque qui ouvre un compte professionnel, un donneur d'ordre qui instruit une candidature à un marché, un fournisseur qui accorde un encours peuvent contrôler eux-mêmes la cohérence entre le code et le texte imprimé.
| Point de comparaison | Extrait antérieur au RCE | Extrait au format électronique |
|---|---|---|
| Support remis au commerçant | Document papier délivré au guichet | Document papier portant en plus un code électronique imprimé |
| Vérification par un tiers | Appel au CNRC ou confiance dans le tampon | Lecture du code RCE avec un téléphone, sans contacter le CNRC |
| Emplacement du code | Sans objet | Face avant, à droite de la partie supérieure, noir sur fond blanc encadré de noir |
| Contenu du code | Sans objet | Données chiffrées relatives au commerçant, selon le décret 18-112 |
| Base réglementaire du modèle | Modèles antérieurs au décret 18-112 | Décret exécutif n° 18-112 du 5 avril 2018 modifié |
| Validité en 2026 | Période de tolérance expirée au 30 juin 2022 | Format en vigueur, seul délivré par le CNRC |
| Lieu de délivrance | Antenne CNRC | Antenne CNRC ou guichet unique de l'investissement (décret 26-155) |
Le principe est celui de la comparaison. Le code contient, sous forme chiffrée, des données relatives au commerçant. La lecture du code restitue ces données, que l'on confronte à ce qui est imprimé sur l'extrait présenté. Si le numéro d'immatriculation, la dénomination ou la wilaya ne concordent pas avec le contenu du code, le document a été altéré.
Le CNRC a mis à disposition une application de lecture du registre de commerce électronique, destinée à simplifier ce contrôle pour les utilisateurs. La lecture s'effectue depuis un appareil doté d'une fonction de capture d'image, ce qui inclut la quasi-totalité des téléphones en circulation.
Il faut comprendre la portée exacte de cette vérification, et surtout ses limites. Lire le code établit que l'extrait est authentique et qu'il n'a pas été modifié depuis son édition. Cela n'établit pas que les informations qu'il contient sont encore à jour. Un extrait parfaitement authentique peut mentionner un gérant qui a quitté ses fonctions ou un siège que la société a quitté depuis. L'authenticité et l'actualité sont deux questions distinctes.
C'est pour cette raison que le contrôle sérieux d'une contrepartie combine deux gestes : la lecture du code, qui écarte le faux document, et la demande d'un extrait récent, qui écarte l'information périmée. Le portail officiel du CNRC, sidjilcom.cnrc.dz, permet par ailleurs la recherche dans le fichier des commerçants et l'accès aux services en ligne du registre.
La démarche est celle d'une formalité ordinaire du registre de commerce. Elle diffère selon que vous n'avez jamais eu d'extrait au format électronique ou que le vôtre doit refléter un changement.
Les tarifs applicables relèvent de l'arrêté du 31 octobre 2016 fixant les tarifs du registre du commerce et des publicités légales, publié au Journal officiel n° 01 du 4 janvier 2017. Le CNRC publie sur sidjilcom.cnrc.dz la grille effectivement appliquée à ses guichets, qui intègre les composantes annexes du coût. Les montants exacts par type de formalité sont détaillés sur nos pages modification et extrait.
Le format électronique a rendu la vérification facile. La loi n° 26-12 du 8 juin 2026, publiée au Journal officiel n° 44 du 18 juin 2026, a rendu l'inexactitude coûteuse. Les deux évolutions se répondent et c'est ce qui change la donne pour les dirigeants.
Son article 2 insère un article 4 bis dans la loi 04-08 : tout commerçant, personne physique ou personne morale, est tenu d'engager les procédures de modification de l'extrait du registre du commerce dans un délai d'un mois au plus, à partir de la date des changements intervenus sur les mentions de l'extrait ou sur le statut de la personne morale.
La sanction figure à l'article 37 réécrit par l'article 6 de la même loi. L'amende va de 10 000 DA à 500 000 DA pour la personne physique commerçante et de 300 000 DA à 700 000 DA pour la personne morale. Suit un mécanisme progressif : mise en demeure de régulariser dans les trois mois à compter de la notification, puis fermeture administrative du local par le wali, puis radiation du registre du commerce prononcée par la juridiction si la situation n'est toujours pas régularisée dans les trois mois suivant la fermeture.
Le rapprochement des deux dispositifs est instructif. Un extrait authentique mais périmé se lit parfaitement au code RCE : le lecteur voit un document valide. Ce qui expose le commerçant, ce n'est plus le risque qu'un tiers découvre l'écart, c'est le délai lui-même. Le compteur d'un mois court à partir du changement, pas à partir du moment où quelqu'un s'en aperçoit.
Notre digest du Journal officiel consacré à ce texte détaille l'ensemble du dispositif, y compris le durcissement des conditions d'accès à la qualité de commerçant (/journal-officiel/loi-26-12-modification-registre-commerce-delai-un-mois).
Deux situations amènent nos clients vers ce sujet. La première est celle du dirigeant qui découvre, souvent à l'occasion d'une ouverture de compte ou d'une candidature à un marché, que son extrait ne reflète plus la réalité de sa société. Depuis la loi 26-12, cette découverte se fait sous contrainte de délai et il vaut mieux traiter la régularisation immédiatement plutôt que de laisser courir le compteur.
La seconde est celle de l'entreprise qui doit contrôler ses contreparties : fournisseurs, sous-traitants, partenaires. Lire un code RCE ne demande aucune compétence particulière, mais interpréter ce que l'extrait dit et ne dit pas en demande une. Un extrait actif ne préjuge ni de la situation fiscale, ni du dépôt des comptes sociaux, ni de la déclaration du bénéficiaire effectif.
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