UpGrowth

IFU ou régime réel en Algérie 2026 : comment choisir ?

Comparatif clair IFU contre régime réel en Algérie 2026 : le seuil unifié de 8 millions DZD, les taux (0,5 % auto-entrepreneur, 5 % ou 12 % IFU général, IBS 19 à 26 % au réel), la TVA, les minimums et la bascule en cas de dépassement. De quoi choisir votre régime fiscal sans mauvaise surprise.

Contenu vérifié le 31 juillet 2026Notre méthodologie
Par, Experts fiscalité et création d'entreprise
Publié le Mis à jour le

IFU ou régime réel : la règle en une minute

L'IFU (Impôt Forfaitaire Unique) est le régime simplifié : un seul impôt calculé sur le chiffre d'affaires, sans TVA à facturer et avec des obligations comptables allégées. Le régime réel est le régime classique : IBS sur le bénéfice, TVA à collecter, déclarations G50 mensuelles et comptabilité complète.

La règle a deux conditions, pas une. La qualité d'abord : l'article 282 ter du CIDTA, dans sa rédaction issue de l'article 22 de la loi de finances 2025 (Journal officiel n° 84 du 26 décembre 2024, page 9), n'admet à l'IFU que les personnes physiques exerçant une activité industrielle, commerciale, non commerciale ou artisanale, les coopératives d'art et d'artisanat traditionnelles et les sociétés civiles professionnelles. Une SARL ou une EURL est une société commerciale : elle ne figure pas dans cette énumération, elle relève de l'IBS quel que soit son chiffre d'affaires (art. 150-1 du CIDTA), et le choix décrit sur cette page ne la concerne pas. Le chiffre d'affaires ensuite : pour ces trois catégories, l'IFU s'applique tant que le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 8 millions DZD, seuil unifié pour toutes les activités. Au-dessus, le régime réel s'impose. Les auto-entrepreneurs ANAE ont leur propre IFU à 0,5 % avec un plafond de 5 millions DZD.

Tableau comparatif (2026)

CritèreIFURégime réel
Qui est concernéPersonnes physiques exerçant une activité industrielle, commerciale, non commerciale ou artisanale, coopératives d'art et d'artisanat traditionnelles et sociétés civiles professionnelles, avec un CA annuel inférieur ou égal à 8 M DZD (art. 282 ter du CIDTA, rédaction issue de l'article 22 de la LF 2025). Auto-entrepreneurs ANAE jusqu'à 5 M DZD. Ni SARL ni EURLSociétés commerciales (SARL, EURL, SPA) quel que soit le CA, redevables de l'IFU dont le CA dépasse 8 M DZD, ou option volontaire
Base d'impositionChiffre d'affaires (forfaitaire)Bénéfice net fiscal (CA moins charges déductibles)
Taux0,5 % (auto-entrepreneur) · 5 % (production, vente de biens) · 12 % (services)IBS 19 % à 26 % selon l'activité, sur le bénéfice net. Plus de taxe sur le chiffre d'affaires : la TAP est abrogée depuis la loi de finances 2024
Minimum annuel10 000 DZD (auto-entrepreneur) · 30 000 DZD (IFU général, art. 365 bis du CIDTA, LF 2025 art. 29)Pas de forfait minimum : impôt sur le bénéfice réel
TVANon assujetti : vous ne facturez pas la TVATVA 19 % (ou 9 % réduit) à collecter et déclarer
DéclarationsG12 prévisionnelle avant le 30 juin, payée intégralement ou fractionnée (50 % en juin, 25 % en septembre, 25 % en décembre), puis G12 bis définitive avant le 20 janvier. Aucune déclaration mensuelle sur anae.dzG50 mensuelle avant le 20, liasse fiscale annuelle
ComptabilitéRegistre simplifié des achats et recettesComptabilité complète (bilan, journal, grand livre)
Récupération de TVAImpossibleTVA déductible sur les achats professionnels

IFU : ce qu'il faut retenir

  • Éligibilité par la qualité d'abord : l'article 282 ter du CIDTA n'admet que les personnes physiques exerçant une activité industrielle, commerciale, non commerciale ou artisanale, les coopératives d'art et d'artisanat traditionnelles et les sociétés civiles professionnelles. Une SARL ou une EURL n'y a pas accès et relève de l'IBS (art. 150-1 du CIDTA).
  • Seuil unifié ensuite : 8 millions DZD de CA annuel pour toutes les activités (art. 282 ter du CIDTA, rédaction issue de l'article 22 de la loi de finances 2025, Journal officiel n° 84 du 26 décembre 2024, page 9).
  • Auto-entrepreneur ANAE : taux unique de 0,5 % du CA, minimum 10 000 DZD/an, plafond de 5 millions DZD.
  • IFU général : 5 % pour la production et la vente de biens, 12 % pour les prestations de services, minimum 30 000 DZD/an (art. 365 bis du CIDTA, dans sa rédaction issue de l'article 29 de la loi de finances 2025).
  • Paiement par acomptes via le formulaire G12 : juin, septembre, décembre.
  • Pas de TVA à facturer : vos prix TTC restent simples, mais vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats.
  • Startup labellisée : exonération d'IFU pendant 4 ans, renouvelable 2 ans.

Régime réel : ce qu'il faut retenir

  • IBS de 19 % à 26 % selon l'activité, calculé sur le bénéfice net fiscal et non sur le chiffre d'affaires : 19 % pour la production de biens, 23 % pour le bâtiment, les travaux publics et l'hydraulique ainsi que les activités touristiques et thermales hors agences de voyages, 26 % pour les autres activités, dont les services et le commerce (art. 150-1 du CIDTA, dans sa rédaction issue de l'article 46 de la loi de finances 2022, JO n° 100 du 30 décembre 2021, p. 20, qui a repris ces taux fixés par l'article 2 de l'ordonnance n° 15-01 du 23 juillet 2015, JO n° 40 du 23 juillet 2015, p. 6). En cas d'exercice simultané de plusieurs activités relevant de taux différents, le bénéfice imposable à chaque taux est déterminé suivant la quote-part des chiffres d'affaires déclarés ou imposés pour chaque activité.
  • Acomptes IBS trimestriels obligatoires : mars, juin, septembre (30 % de l'IBS de l'année précédente).
  • Plus de taxe sur l'activité professionnelle : l'article 14 de la loi de finances 2024 a abrogé les articles 217 à 231 du CIDTA et aucune taxe locale sur le chiffre d'affaires ne l'a remplacée au régime réel.
  • TVA à collecter (19 % taux normal, 9 % taux réduit) et à reverser via la déclaration G50 avant le 20 de chaque mois.
  • Comptabilité complète obligatoire : bilan annuel, journal, grand livre, souvent avec un comptable agréé.
  • Contrepartie : les charges sont déductibles et la TVA sur les achats est récupérable. Un CA élevé avec de fortes charges peut payer MOINS au réel qu'à l'IFU.

Dépassement de seuil : que se passe-t-il ?

Si votre chiffre d'affaires dépasse 8 millions DZD, l'IFU reste applicable l'année du dépassement et l'année suivante, l'imposition étant établie compte tenu du dépassement (art. 282 ter du CIDTA). Pour un auto-entrepreneur qui dépasse 5 millions DZD, aucun texte n'impose de passer en société sous 30 jours : l'article 13 de la loi n° 22-23 ne joue qu'après trois (3) années de dépassement consécutives. Anticipez quand même : la bascule change vos prix (TVA), votre comptabilité et vos déclarations.

L'option inverse existe aussi : une entreprise sous le seuil peut choisir volontairement le régime réel, par exemple pour récupérer la TVA sur de gros investissements de départ ou parce que ses clients sont des entreprises qui exigent des factures avec TVA.

Comment choisir en pratique ?

L'IFU gagne presque toujours quand vos charges sont faibles (services, conseil, freelance) : 12 % du CA sans comptabilité lourde bat un IBS à 26 %, le taux des autres activités de l'article 150-1 du CIDTA dont relèvent les services, plus les honoraires de comptable. Le réel devient intéressant quand vos charges dépassent nettement la moitié de votre CA (négoce avec stocks, production avec matières premières, investissements lourds) ou quand vos clients B2B exigent la TVA.

Le bon réflexe : simulez les deux régimes sur vos chiffres réels avant l'immatriculation, car le régime se choisit au départ et engage votre première année. Ce choix n'existe cependant que pour les personnes que l'article 282 ter du CIDTA admet à l'IFU. Si vous créez une SARL ou une EURL, vous êtes au régime réel d'office et la comparaison ci-dessus ne s'applique pas.

FAQ · IFU ou régime réel en Algérie 2026 : comment choisir ?