Le document que tout le monde appelle encore la carte de commerçant étranger porte un autre nom depuis le 11 décembre 2006 : c'est la carte professionnelle délivrée aux étrangers exerçant sur le territoire national une activité commerciale, industrielle et artisanale ou une profession libérale. Elle est régie par le décret exécutif n° 06-454, publié au Journal officiel n° 80. Cette page reproduit ce décret article par article, ajoute le droit de timbre que fixe l'article 142 du code du timbre, ajoute l'arrêté interministériel du 7 juillet 2026 qui en règle le paiement, et corrige deux idées reçues qui circulent partout : la carte n'est pas gratuite, et elle ne conditionne plus le registre du commerce.
Les deux noms désignent la même idée, mais un seul correspond à un texte en vigueur. Savoir lequel évite de chercher des conditions dans un décret abrogé.
La carte de commerçant étranger était l'instrument du décret exécutif n° 97-38 du 18 janvier 1997, qui portait les modalités d'attribution de la carte de commerçant aux représentants étrangers des sociétés commerciales. L'article 18 du décret exécutif n° 06-454 du 11 décembre 2006 l'a abrogé, en même temps que le décret n° 75-111 du 26 septembre 1975 relatif aux professions commerciales, industrielles, artisanales et libérales exercées par les étrangers sur le territoire national.
Depuis cette date, l'instrument est la carte professionnelle. Son titre officiel complet est : décret exécutif n° 06-454 du 20 Dhou El Kaada 1427 correspondant au 11 décembre 2006 relatif à la carte professionnelle délivrée aux étrangers exerçant sur le territoire national une activité commerciale, industrielle et artisanale ou une profession libérale.
Le vocabulaire fiscal a suivi, mais tard. L'article 142 du code du timbre parlait encore de « carte spéciale délivrée aux étrangers exerçant une profession commerciale, industrielle ou artisanale » dans sa rédaction de la loi de finances pour 2010, puis de « carte spéciale délivrée aux étrangers exerçant une activité professionnelle sur le territoire national » dans celle de la loi de finances pour 2020. Il n'écrit « carte professionnelle » que depuis la loi de finances pour 2025. Un texte antérieur qui dit « carte spéciale » parle donc bien de la même carte.
L'article 1er du décret 06-454 définit deux publics distincts, et le second est celui que la plupart des sources oublient.
C'est ce second alinéa qui fait de cette carte un sujet de gouvernance d'entreprise et pas seulement de commerce individuel. Un gérant étranger nommé dans les statuts d'une SARL de droit algérien y est assujetti au même titre qu'un commerçant étranger installé à son compte.
L'article 2 précise le régime auquel le titulaire reste soumis, en plus des dispositions législatives et réglementaires régissant la situation des étrangers en Algérie : les règles régissant le domaine économique pour les étrangers exerçant une activité commerciale, industrielle ou artisanale, et les règles fixées par le statut algérien organisant la profession concernée pour les étrangers exerçant une profession libérale.
C'est l'erreur la plus répandue sur cette question, et elle a été vraie. Elle a cessé de l'être le 11 décembre 2006. Voici la chaîne complète, texte par texte.
L'ordre réel est même l'inverse de celui que l'on lit partout. L'article 7 du décret 06-454 dispose que l'étranger qui désire exercer une activité commerciale en tant que personne physique ne peut obtenir la carte professionnelle que s'il justifie de son inscription au registre du commerce. L'article 8 dit la même chose pour l'activité artisanale et le registre de l'artisanat et des métiers, et l'article 9 pour la profession libérale et le tableau de l'ordre ou de l'organisation régissant la profession.
L'article 10 ferme la boucle : l'étranger est tenu de demander sa carte professionnelle au plus tard soixante jours après son inscription au registre du commerce ou de l'artisanat et des métiers ou au tableau de l'ordre de l'organisation régissant la profession. Le registre vient donc d'abord, et la carte suit dans les soixante jours.
Sur les pièces à joindre, cette page ne dit rien, et c'est délibéré. L'article 3 du décret 06-454 renvoie le modèle et le contenu de la carte, ainsi que les pièces constitutives du dossier de la demande, à un arrêté conjoint du ministre chargé de l'intérieur et des collectivités locales et du ministre chargé du commerce. Nous avons cherché cet arrêté en plein texte dans les 2 456 numéros du Journal officiel que nous archivons, de 2002 à 2026, et il n'y figure pas. Publier une liste de pièces reviendrait à l'inventer. Nous préférons vous dire où elle se trouvera le jour où elle sera publiée.
L'article 4 du décret 06-454 est explicite : la délivrance de la carte professionnelle est soumise au paiement d'une taxe fixée par la législation en vigueur. Cette législation, c'est l'article 142 du code du timbre.
Le droit était de 10 000 DA dans la rédaction de l'article 18 de la loi de finances pour 2010. L'article 38 de la loi de finances pour 2020 l'a porté à 30 000 DA et a fixé le duplicata à 15 000 DA. L'article 51 de la loi de finances pour 2025 a conservé ces deux montants, créé le droit de 70 000 DA pour le changement de statut professionnel, et précisé que le duplicata se paie en plus du droit de timbre dû.
La loi de finances pour 2026 ne touche pas à l'article 142. Son article 46 modifie l'article 141, qui porte sur la carte de résident, et son article 47 crée un article 142 sexies sur l'apostille. Le barème de la carte professionnelle applicable en 2026 est donc bien celui de la loi de finances pour 2025.
Deux réserves d'honnêteté. D'abord, l'article 142 prévoit une règle de réciprocité : la loi de finances pour 2025 le rappelle par la formule « La durée ...... (sans changement jusqu'à) la règle de réciprocité s'applique ». Le passage que cette ellipse recouvre n'est reproduit intégralement dans aucun numéro que nous détenons, et nous ne devinons pas ce qu'il dit. Ensuite, les montants ci-dessus sont ceux du droit de timbre : le décret ne prévoit aucun autre frais, mais il ne dit pas non plus qu'il n'y en a pas.
| Opération | Montant | Texte |
|---|---|---|
| Délivrance ou renouvellement de la carte professionnelle | 30 000 DA | Article 142 du code du timbre, rédaction de l'article 51 de la loi de finances pour 2025 |
| Changement de statut professionnel vers une activité dont l'exercice est tributaire de l'obtention de la carte | 70 000 DA | Article 142 du code du timbre, rédaction de l'article 51 de la loi de finances pour 2025 |
| Duplicata après perte ou détérioration, en plus du droit de timbre dû | 15 000 DA | Article 142 du code du timbre, rédaction de l'article 51 de la loi de finances pour 2025 |
C'est le texte le plus récent de tout ce dossier, et il a moins d'un mois. Arrêté interministériel du 22 Moharram 1448 correspondant au 7 juillet 2026, publié au Journal officiel n° 54 du 25 juillet 2026, pris en application de l'article 142 du code du timbre.
Cet arrêté a une conséquence pratique que personne ne vous dira ailleurs : le montant n'est pas calculé par vous mais notifié par la wilaya, sur un ordre de versement, après examen de votre situation. Les trois cas de l'article 3 recoupent exactement les trois lignes du tableau ci-dessus, et c'est ce recoupement qui décide si vous payez le droit de délivrance ou celui du changement de statut.
Tous les délais du décret 06-454 pèsent sur le demandeur. Aucun ne pèse sur l'administration, et cette page n'annonce donc aucun délai d'instruction.
Le décret ne fixe aucun délai à la wilaya pour instruire le dossier, ni au wali pour délivrer la carte. Toute page qui vous annonce un nombre de jours pour la délivrance vous annonce un chiffre qu'aucun texte ne porte. Nous n'en annonçons pas.
Puisque le décret oblige le titulaire à demander une carte de résident étranger dans les quatre-vingt-dix jours, son coût fait partie du budget de l'opération. Voici le barème 2026, fixé par l'article 46 de la loi de finances pour 2026 réécrivant l'article 141 du code du timbre.
Ce barème est celui de la CARTE DE RÉSIDENT, pas celui de la carte professionnelle. Les deux ne se confondent pas et ne s'additionnent pas automatiquement : l'article 13 vous oblige à demander la première une fois la seconde obtenue, mais la durée que la wilaya vous accorde ne dépend pas du décret 06-454.
L'article 141 prévoit lui aussi une clause de réciprocité, dont les modalités sont renvoyées à un arrêté conjoint des ministres chargés respectivement des affaires étrangères, de l'intérieur et des finances. Comme pour l'article 142, la partie que la loi de finances abrège par une ellipse n'est pas reproduite ici.
| Durée de la carte de résident | Droit de timbre |
|---|---|
| Six mois | 5 000 DA |
| Une année | 10 000 DA |
| Deux années | 20 000 DA |
| Dix années | 40 000 DA |
| Duplicata après perte ou détérioration, en plus du droit de timbre dû | 10 000 DA |
L'article 11 énumère les cas dans lesquels la carte est retirée au bénéficiaire, sans préjudice de la mesure d'expulsion qui pourrait être prononcée.
L'article 12 ajoute une obligation qui surprend les groupes étrangers : toute société concernée par l'un de ces cas, ou tout étranger exerçant à titre particulier, est tenu de demander aux services de la wilaya ayant délivré la carte son annulation dans un délai de trente jours à compter de la date de survenance de l'événement. Un dirigeant qui démissionne déclenche donc une démarche à la charge de la société, pas seulement de la personne.
L'article 14 ajoute que le bénéficiaire est tenu de restituer la carte à l'autorité administrative qui a procédé à son établissement lorsqu'il quitte définitivement le territoire national.
Question posée souvent, et à laquelle les textes ne répondent pas entièrement. Voici exactement ce qu'ils disent, et où ils s'arrêtent.
L'article 3 de la loi n° 22-23 du 18 décembre 2022 portant statut de l'auto-entrepreneur rend éligible toute personne physique qui atteint l'âge légal du travail, qui est de nationalité algérienne et résidant en Algérie ou étranger résidant conformément à la législation et à la réglementation en vigueur, et qui exerce une activité incluse dans la liste des activités éligibles. Un étranger résidant est donc bien éligible au statut.
L'article 2 de la même loi exclut de la liste des activités éligibles les fonctions libérales, les professions et les activités réglementées et artisanales. Or le décret 06-454 vise l'activité commerciale, industrielle et artisanale et la profession libérale.
Aucun texte que nous détenons ne dit si un étranger résidant qui exerce sous le statut d'auto-entrepreneur doit en outre détenir la carte professionnelle. Nous ne tranchons pas une question que le législateur n'a pas tranchée. Si votre projet est dans cette zone, faites-la poser par écrit à la direction de la réglementation et des affaires générales de votre wilaya, et gardez la réponse.
Chaque chiffre et chaque citation ont été lus sur un rendu image de la page du Journal officiel, jamais sur le flux de texte extrait du PDF : ce flux restitue les tableaux à plusieurs colonnes dans le désordre et colle les valeurs entre elles. Les PDF utilisés sont ceux du serveur du Secrétariat général du Gouvernement, et chaque lien de la section Sources a été testé le 2026-08-21.
Là où un texte renvoie à un autre texte que nous n'avons pas pu ouvrir, la page le dit et ne remplit pas le vide : c'est le cas de l'arrêté conjoint intérieur et commerce de l'article 3, qui devrait porter la liste des pièces du dossier.
Chaque PDF ci-dessous est hébergé par le Secrétariat général du Gouvernement sur joradp.dz. Nous n'en réhébergeons aucun et n'en modifions aucun : vous téléchargez la version officielle depuis sa source officielle. Chaque lien a été vérifié le 2026-08-21.
Decret executif n° 06-454 du 11 decembre 2006 relatif a la carte professionnelle delivree aux etrangers exercant sur le territoire national une activite commerciale, industrielle et artisanale ou une profession liberale
JO n° 80 du 11 decembre 2006, pages 18 a 20. Le texte qui gouverne la carte. Articles cites sur cette page : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18.
Ouvrir le PDF officielArrete interministeriel du 7 juillet 2026 fixant les modalites d'application du droit de timbre relatif a la carte professionnelle de l'etranger present en situation reguliere en Algerie
JO n° 54 du 25 juillet 2026, pages 29 et 30. Ministere des finances, affaires etrangeres et interieur. Le texte le plus recent sur le sujet. Articles cites : 1, 2, 3, 4, 5, 6.
Ouvrir le PDF officielLoi de finances pour 2025, article 51, modifiant l'article 142 du code du timbre
JO n° 84 du 26 decembre 2024, page 17. C'est le texte qui fixe aujourd'hui le droit de timbre a 30 000 DA, cree le droit de 70 000 DA pour le changement de statut professionnel et porte le duplicata a 15 000 DA en plus du droit du.
Ouvrir le PDF officielLoi de finances pour 2026, article 46, modifiant l'article 141 du code du timbre
JO n° 88 du 31 decembre 2025, page 39. Bareme 2026 du droit de timbre de la CARTE DE RESIDENT etranger. Ce meme texte ne touche pas a l'article 142 : le droit de la carte professionnelle reste celui de la loi de finances pour 2025.
Ouvrir le PDF officielLoi de finances pour 2020, article 38, modifiant l'article 142 du code du timbre
JO n° 81 du 30 decembre 2019, page 14. Etape precedente de la chaine : c'est elle qui a porte le droit de timbre de 10 000 DA a 30 000 DA et fixe le duplicata a 15 000 DA.
Ouvrir le PDF officielDecret executif n° 15-111 du 3 mai 2015 fixant les modalites d'immatriculation, de modification et de radiation au registre du commerce
JO n° 24 du 13 mai 2015, page 6. Son article 13 est la piece que doit fournir un assujetti de nationalite etrangere, et c'est une copie de la CARTE DE RESIDENT. Son article 30 abroge le decret 97-41.
Ouvrir le PDF officielDecret executif n° 03-453 du 1er decembre 2003 modifiant et completant le decret executif n° 97-41 relatif aux conditions d'inscription au registre du commerce
JO n° 75 du 7 decembre 2003, page 11. Cite ici pour une seule ligne : son article 6 avait reecrit l'article 12 du decret 97-41, dont le huitieme tiret exigeait la carte de commercant etranger pour immatriculer une personne physique. C'est ce tiret que l'article 18 du decret 06-454 a abroge.
Ouvrir le PDF officielLoi n° 22-23 du 18 decembre 2022 portant statut de l'auto-entrepreneur
JO n° 85 du 19 decembre 2022, page 5. Cite pour son article 3, qui ouvre le statut a l'etranger residant, et pour son article 2, qui exclut de la liste des activites eligibles les fonctions liberales, les professions et les activites reglementees et artisanales.
Ouvrir le PDF officielUne question sur l'ordre des démarches, sur la qualité que vos statuts vous donnent, ou sur le budget complet registre plus carte plus carte de résident ? Choisissez le canal qui vous arrange.