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Plan Mattei : l'Algérie au cœur de la stratégie africaine de l'Italie, et ce que cela ouvre pour les entreprises italiennes

Plan Mattei : l'Algérie au cœur de la stratégie africaine de l'Italie, et ce que cela ouvre pour les entreprises italiennes

L'Italie a fait de l'Afrique une priorité stratégique. Son instrument porte un nom : le Plan Mattei. Et dans ce dispositif, l'Algérie n'est pas un partenaire parmi d'autres, c'est l'un des piliers énergétiques de Rome. Voici ce que cela signifie concrètement pour une entreprise italienne qui regarde vers l'Algérie, et pourquoi le cadre juridique algérien actuel rend l'implantation plus simple qu'on ne le pense.

Le Plan Mattei, en bref

Le Plan Mattei est la stratégie de coopération de l'Italie avec l'Afrique. Présenté lors du Sommet Italie-Afrique de Rome, les 28 et 29 janvier 2024, il se veut un partenariat entre égaux plutôt qu'une logique d'aide classique, articulé autour de secteurs prioritaires : formation, santé, agriculture, eau, énergie et infrastructures.

Le plan porte le nom d'Enrico Mattei, fondateur du groupe énergétique national italien Eni et figure du redressement industriel de l'Italie d'après-guerre. Le choix du nom n'est pas anodin : il place l'énergie, et donc les grands partenaires gaziers de l'Italie, au centre de la relation avec le continent.

L'Algérie, partenaire énergétique central

Pour l'Italie, l'Algérie n'est pas un partenaire secondaire. Elle fournit environ 30 % du gaz naturel italien, acheminé pour l'essentiel par le gazoduc sous-marin TransMed. Le 25 mars 2026, la présidente du Conseil Giorgia Meloni s'est rendue à Alger et a annoncé le renforcement de la coopération à travers ce qu'elle a appelé les « champions nationaux », Eni et Sonatrach, avec des projets qui touchent notamment au gaz de schiste et à l'exploration offshore. C'est ce qu'a rapporté Euronews au sujet de cette visite.

Cette relation s'inscrit dans la durée. Eni opère en Algérie depuis 1981. En juillet 2025, Eni et Sonatrach ont signé un protocole d'accord sur les hydrocarbures, la transition énergétique et les énergies renouvelables. Selon Eni, les initiatives prévues doivent contribuer à augmenter la production de gaz jusqu'à 5,5 milliards de mètres cubes par an d'ici 2028, pour plus de 8 milliards de dollars d'investissements.

Ce que cela change pour les entreprises italiennes

Une stratégie d'État et des contrats gaziers dessinent un climat. Ils ne créent pas une société à votre place. Pour une entreprise italienne qui étudie l'Algérie, les questions concrètes restent les mêmes : puis-je détenir mon projet, rapatrier mes bénéfices, et monter la structure sans y passer des mois ? Le cadre algérien actuel répond à ces trois questions plus clairement qu'on ne le croit souvent.

La règle 51/49 ne concerne plus la plupart des projets

Longtemps, l'Algérie a été résumée par la règle dite 51/49, qui imposait une majorité locale au capital. Ce n'est plus la règle générale. Depuis le décret exécutif 21-145, la majorité locale de 51 % ne s'applique qu'à des secteurs stratégiques précis :

  • l'énergie et les mines,
  • la fabrication pharmaceutique,
  • le transport et les infrastructures de transport,
  • la défense,

ainsi qu'à l'importation pure de biens destinés à la revente en l'état. En dehors de ces cas, un projet italien peut être détenu à 100 % par ses porteurs italiens. Pour la plupart des activités industrielles, de services ou de technologie, la contrainte du partenaire local majoritaire n'existe donc plus.

Rapatrier ses bénéfices : le cadre de la loi 22-18

La deuxième question d'un investisseur est le retour sur investissement. L'article 8 de la loi 22-18 garantit le transfert des dividendes et des produits de cession, sous conditions. Les principales sont : un apport en capital passé par le canal bancaire officiel et en devise convertible, un financement étranger d'au moins 25 % du projet, et une activité qui ne se limite pas à l'importation-revente. Le transfert s'effectue après paiement de l'impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS) et une retenue à la source de 15 %. Réunies au moment de la constitution, ces conditions ouvrent le droit au rapatriement.

Légaliser ses documents : l'apostille de La Haye depuis le 9 juillet 2026

Un obstacle classique de l'implantation était la légalisation des documents d'entreprise étrangers, une chaîne de tampons consulaires lente. Depuis le 9 juillet 2026, l'Algérie applique la Convention Apostille de La Haye. L'Italie en est membre. Concrètement, un extrait du registre italien, des statuts ou une procuration peuvent désormais être reconnus en Algérie avec une seule apostille, sans passer par la légalisation consulaire complète.

Créer sa société sans se déplacer

Il n'est pas nécessaire d'être présent à Alger pour constituer une société. L'immatriculation peut se faire entièrement à distance, au moyen d'une procuration et d'un gérant résident. Les fondateurs italiens signent depuis l'Italie, et la structure prend forme sur place.

Par où commencer

Le Plan Mattei fixe le cap politique. Le cadre juridique algérien, lui, est déjà favorable. Pour traduire l'un et l'autre en une société opérationnelle, nous avons préparé des ressources dédiées :

Nous avons déjà accompagné cette logique de corridor pour l'Allemagne : voir notre dossier sur le corridor algéro-allemand. La démarche est la même côté italien.


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